Discours
Les archives de tous les discours du ministre- 2009 - 2008 - 2007

lundi 6 juillet 2009
Signature de l’ « Accord pour le réaménagement de la chronologie des médias ».
> le discours

mardi 30 juin 2009
Présentation de la Saison de la Turquie en France.
> le discours > l'article > le dossier de presse

lundi 29 juin 2009
Examen par le Sénat de la proposition de loi visant à autoriser la restitution par la France des têtes maories.
> le discours > l'article

lundi 22 juin 2009
Discours (en anglais) de la ministre au sommet mondial du droit d’auteur à Washington, lu par l’ambassadeur de France et communiqué de presse de la CISAC.
> le discours > le communiqué de la CISAC
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Jenny Alpha
> le discours
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, ouvre la 6ème journée de la Création TV, le lundi 22 juin 2009 à 10 heures.
> le discours

vendredi 19 juin 2009
REMISE DES INSIGNES DE CHEVALIER DANS L’ORDRE DES ARTS ET DES LETTRES A CORICE CANTON ARMAN
> le discours

mercredi 17 juin 2009
Mise en œuvre des mesures issues des Etats généraux de la presse écrite.
> le discours > l'article

lundi 15 juin 2009
Remise des insignes de commandeur dans la légion d'honneur à Georgette Elgey.
> le discours

mercredi 10 juin 2009
Réaction de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, à la décision du Conseil constitutionnel.
> l'article
Remise des insignes de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres à christophe marguerie.
> l'article > le discours

mardi 9 juin 2009
Présentation par Christine Albanel de la Fête de la Musique 2009.
> l'article > le discours

mercredi 3 juin 2009
Discours de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé à l’occasion de l’nstallation à France Télévisions du Comité permanent de la diversité, présidé par Hervé Bourges.
> le discours
« La crise, moteur du renouvellement et accélérateur des mutations »
> le discours

vendredi 29 mai 2009
Discours de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé à l’occasion de la cérémonie de remise des insignes de « Grand mécène » et de « Grand donateur » du ministère de la Culture à Son Altesse l’Aga Khan.
> l'article > le discours

mardi 19 mai 2009
Le cinéma français soutient la loi création et internet au festival de Cannes
> l'article > le discours

lundi 18 mai 2009
Discours de Christine Albanel prononcé à l’occasion de la cérémonie de remise des Insignes d’Officier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Johnnie To
> le discours

mercredi 29 avril 2009
Remise des insignes d’Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Doug Morris
> le discours

mardi 28 avril 2009
Remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Bertrand Burgalat
> le discours

lundi 27 avril 2009
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d'Honneur à Kader Belarbi
> le discours
remise des insignes d'Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Sasha Waltz
> le discours

mardi 14 avril 2009
Le Comité Colbert à l’honneur
> l'article > le discours

lundi 6 avril 2009
Remise des insignes d'officier dans l'orde national du mérite à Jean-Pierre Cottet
> le discours

vendredi 3 avril 2009
Vernissage de l’exposition Monory à la Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence
> le discours

mardi 31 mars 2009
Hommage à trois grandes figures du jazz, Musée du quai Branly
> l'article
Remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres à Roy Haynes
> le discours
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Stacey Kent
> le discours
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Médéric Collignon
> le discours

lundi 30 mars 2009
Catherine Arditi et Sylvie Testud à l’honneur
> l'article
Remise des insignes de Chevalier dans dans l'ordre national du Mérite à Sylvie Testud
> le discours
Remise des insignes d'Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Catherine Arditi
> le discours

mercredi 18 mars 2009
Remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres à Stephen Frears
> l'article > le discours

mardi 17 mars 2009
Débat en séance publique au Sénat : « l'Avenir de la presse »
> le discours

lundi 16 mars 2009
Séminaire sur le développement durable au Ministère
> l'article > le discours
Plan de relance : signature de trois conventions
> le discours

mercredi 11 mars 2009
Examen à l'Assemblée nationale du projet de loi Création et Internet
> le discours

jeudi 26 février 2009
Ouverture du symposium « Lascaux et la conservation en milieu souterrain »
> le discours
Discours de Christine Albanel prononcé à l’occasion de de la remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres à Dustin Hoffman
> l'article > le discours

jeudi 19 février 2009
Cérémonie de remises de décorations
> le discours à Josette Rispal
> le discours à Christian Biecher
> le discours à Jean-Louis Milin

vendredi 13 février 2009
Cérémonie "mode et création"
> le discours

mercredi 11 février 2009
Remise de la distinction de Grand mécène du ministère de la Culture et de la Communication
> le discours

mundi 9 février 2009
Remise des insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur à Cesaria Evora
> le discours

jeudi 29 janvier 2009
Récolement des dépôts d'œuvres d'art : bilan d'activité
> l'article > le discours

mercredi 28 janvier 2009
Remise des insignes de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres à Anne-Valérie Hash
> le discours

mardi 27 janvier 2009
40e anniversaire de la loi sur les dations en paiement
> l'article > le discours

lundi 26 janvier 2009
La Force de l'art 02  présentée au Grand Palais
> l'article
Remise des insignes de chevalier dans l’Ordre national de la légion d’honneur à Ruth Elkrief
> le discours

jeudi 22 janvier 2009
Marseille - Nouveaux bâtiments pour le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines
> l'article > le discours
Marseille - Visite du fort Saint-Jean et présentation du projet du Mucem
> le discours

mardi 20 janvier 2009
Voeux à la presse de Christine Albanel
> l'article et la vidéo

mercredi 14 janvier 2009
Remise des insignes d'officier dans l’ordre national du mérite à Jean-Bernard Lévy
> le discours

mardi 13 janvier 2009
Les vœux du Président de la République au monde Culturel à Nîmes
> l'article > le discours de Nicolas Sarkosy (pdf)

jeudi 8 janvier 2009
Remise du Livre Vert des Etats Généraux de la Presse Ecrite
> l'article > le discours
Projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision
> le discours

vendredi 19 décembre 2008
Remise de la Grande Croix de la Légion d’honneur à Christiane Desroches Noblecourt

> le discours

jeudi 11 décembre 2008
Le grand pari de l’agglomération parisienne : deuxième séminaire
> l'article > le discours

mardi 25 novembre 2008
Projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision
> le discours

lundi 4 novembre 2008
Nomination des maitres d’art et inauguration de l’exposition Galerie des Gobelins
> l'article
> le discours > le dossier de presse (pdf) > le communiqué
"De nouvelles voies pour la diffusion du spectacle vivant en Europe"
> l'article > le discours

vendredi 21 novembre 2008
Clôture du 16e congrès de la Fédération nationale de la presse française à Lyon
> le discours

mercredi 19 novembre 2008
Clôture de l’Année européenne du dialogue interculturel
> le discours

mardi 18 novembre 2008
FORUM D’AVIGNON 2008 : « culture – économie – médias »
> Discours d'ouverture
> Discours de clôture

jeudi 13 novembre 2008
Point presse - présentation des « Etoiles du cinéma européen »
> le dossier de presse (1Mo/pdf)

mercredi 12 novembre 2008
Cérémonie de remise des insignes de Commandeur dans l’ordre national du Mérite à Diane de Margerie, et de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Dominique Bona
> le discours à Diane de Margerie > le discours à Dominique Bona

lundi 3 novembre 2008
Cérémonie cinéma
> le discours

31 octobre 2008
Projet de loi « Création et Internet » Sénat – 1re lecture
> le discours

mardi 28 octobre 2008
Cérémonie de remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres à Sir Roger Moore
> l'article > le discours

jeudi 23 octobre 2008
Ouverture des Arènes européennes de l’Indépendance
> le discours

lundi 20 octobre 2008
Clôture de la journée des auteurs SACD
> le discours

jeudi 9 octobre 2008
Forum européen des politiques architecturales : « Architecture et développement durable »
> l'article
  > le discours

jeudi 2 octobre 2008
Les Etats généraux de la presse s'ouvrent à l'Elysée
> l'article
> le discours du Président de la République

vendredi 26 septembre 2008
Budget 2009
> le discours > le communiqué > Le dossier de presse (3Mo-pdf)

mardi 23 septembre 2008
Réception à l’occasion du 25e anniversaire de l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC)
> le discours

vendredi 19 septembre 2008
Séminaire « contenus créatifs en ligne »
> le discours de clôture
Remise du prix "Des musées pour tous"
> l'article

jeudi 18 septembre 2008
Ouverture du colloque Contenus créatifs en ligne, organisé dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne au Musée du Quai Branly
> le discours > l'article

mercredi 17 septembre 2008
Remise des insignes de Commandeur de la légion d’honneur à Eliane Victor
> le discours

mardi 9 septembre 2008
Les Journées du patrimoine 2008
> l'article > le discours > le dossier de presse (2Mo/pdf)

jeudi 4 septembre 2008
Inauguration du collège des Bernardins
> le discours > l'article

mercredi 3 septembre 2008
Acquisition par l'Etat pour le musée national de la Renaissance au Château d'Ecouen du pavement de faïence du château de Polisy grâce au mécénat du Groupe AXA
> l'article > le dossier de presse (pdf) > le discours
L’histoire de l’art fait sa rentrée à l’école
> l'article

vendredi 17 juillet 2008
Les médias de service public à l’ère du numérique
> le discours à Strasbourg

vendredi 11 juillet 2008
« Champ-Libre » : le concert du 14 juillet
> l'article
Réunion du conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel, au Ministère
> le discours

jeudi 10 juillet 2008
Journée professionnelle sur la coopération culturelle européenne
> l'article
Réception en l'honneur de la fondation "Architectes de l'urgence"
> le discours

mercredi 9 juillet 2008
Trois réalisateurs de cinéma décorés dans l’ordre des Arts et des Lettres
> l'article
Acquisition d'une sculpture de Camille Claudel au musée Dubois-Boucher de Nogent-sur-Seine
> l'article

jeudi 3 juillet 2008
Création d'un Centre national de conservation, de recherche et de restauration des patrimoines en Ile-de-France
> le discours

mercredi 2 juillet 2008
Cérémonie de remise du Grand Prix national de l’architecture 2008
> l'article

mercredi 2 juillet 2008
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur à Isaach de Bankolé
> le discours
remise des insignes Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Lord Thomas
> le discours

lundi 30 juin 2008
Remise du rapport Patino sur le livre numérique - premier Conseil du livre
> l'article
> le communiqué et la liste des membres > le rapport (pdf)
> le dossier de presse (pdf)

> la lettre de mission (pdf)

Remise des insignes de Chevalier de la légion d’honneur à Jean-Marie Sevestre
> le discours

vendredi 27 juin 2008
Fête du cinéma 2008 : trois jours de festivités
> l'article
Christine Albanel installera le Conseil du livre lundi 30 juin
> l'article
Festival d’Art lyrique d’Aix-en-Provence : 60e édition
> l'article

jeudi 26 juin 2008
Remise des insignes d’Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Dany Boon
> l'article > le discours

mercredi 25 juin 2008
Des mesures pour la nouvelle télévision publique
> l'article

mardi 24 juin 2008
Entretiens de Valois - troisième séance plénière
> l'article

lundi 23 juin 2008
Présentation des priorités européennes de la France dans le domaine de la culture et des médias lors de la Présidence française de l’Union européenne (PFUE)
> le discours > le dossier de presse (pdf)
- Discours de Christine Albanel prononcé à l’occasion du séminaire sur l’économie de l’audiovisuel, l’Assemblée nationale
 > le discours
- Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Laurence Franceschini
 > le discours

jeudi 19 juin 2008
Signature de la convention de mécénat pour la restauration des vitraux de la Sainte-Chapelle
>  l'article
> le discours
Assemblée générale de la Fédération Nationale de la Presse d'Information Spécialisée
> le discours
Commission Culture et Handicap
> le discours

mercredi 18 juin 2008
Cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Anne Guiheux, et d’Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Guy Cogeval et Michel Hilaire
 > le discours pour Anne Guiheux
 > le discours pour Guy Cogeval
 > le discours pour Michel Hilaire
MONUMENTA 2008 : un véritable succès
> l'article
Fête de la musique au Palais Royal Café de Los Maestros remplace Goran Bregovic
Présentation du projet de "loi Création et Internet" par Christine Albanel
> L'article   > le dossier de presse

mercredi 11 juin 2008
Séminaire sur l’économie de l’audiovisuel, l’Assemblée nationale
 > le discours
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Laurence Franceschini
 > le discours

mardi 10 juin 2008
- Présentation des années croisées France-Russie 2010
> le discours

lundi 9 juin 2008
- Présentation à la presse de la 27e Fête de la Musique
> l'article > le discours

mercredi 4 juin 2008
- Cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Edith Canat de Chizy
> le discours
- Cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Laurence Equilbey
> le discours
- Cérémonie de remise des insignes d’Officier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Eve Ruggiéri
> le discours

mardi 3 juin 2008
- Lancement de la saison culturelle européenne
> l'article > le discours

lundi 2 juin 2008
- Franc succès pour la 6e édition de Rendez-vous aux jardins 1,5 millions de visiteurs dans plus de 2 000 sites
> l'article
- Christine Albanel se rendra au Mont Saint-Michel lundi 2 juin , à l’occasion du XIIIe centenaire de sa création.
> l'article > le discours
- Colloque franco-américain sur le droit d’auteur dans l’économie numérique
> l'article > le discours

jeudi 29 mai 2008
- Discours de Christine Albanel prononcé à l’occasion de l’assemblée générale de la Société professionnelle des papiers de presse (SPPP) et de la Compagnie française des papiers de presse (CFPP)
> le discours
- Discours prononcé lors de la cérémonie de remise des insignes d'Officier dans l'ordre de la Légion d'Honneur à Julia Kristeva
> le discours

vendredi 23 mai 2008
- Rendez-vous aux Jardins : la 6e édition est lancée
> l'article > le discours
- Remise des insignes de chevalier dans l’Ordre des arts et des lettres à Philippe Robinet
> le dicours
- Remise des insignes de chevalier dans l’Ordre national du Mérite à Jean-Jacques Baudoin-Gautiert
> le dicours

mardi 20 mai 2008
- Christine Albanel a présenté des mesures pour dynamiser le cinéma, à l'occasion du bilan du Centre national de la cinématographie
> l'article

jeudi 15 mai 2008
- Le projet de loi sur le secret des sources des journalistes examiné à l'Assemblée nationale
> l'article
- Projet de loi relatif aux Archives : en deuxième lecture au Sénat
> l'article > le discours > le communiqué

mardi 13 mai 2008
- Question orale avec débat sur les langues régionales de France
> le discours au Sénat

mercredi 7 mai 2008
- Désignation des personnalités chargées de la nouvelle organisation du ministère
> l'article
- Question orale avec débat sur les langues régionales de France - Assemblée nationale
> le discours d'ouverture
> le discours de clôture

mardi 6 mai 2008
- Richard Serra, Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres
> l'article
- MONUMENTA au Grand palais : la Promenade de Richard Serra
> l'article

lundi 5 mai 2008
- Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Kylie Minogue
> l'article
- Exposition Traces du Sacré au Centre Georges Pompidou
> l'article

mardi 29 avril 2008
- Projet de loi relatif aux Archives
> l'article > le discours

mercredi 23 avril 2008
- 70e anniversaire de la Fédération internationale des archives du film (FIAF)
> le discours
- 61 e Festival de Cannes : la sélection officielle
> l'article

mardi 22 avril 2008
- La nuit des musées - 4e édition - Samedi 17 mai 2008 en France et en Europe
> le dossier de presse (pdf) > le communiqué

jeudi 17 avril 2008
Comité technique paritaire ministériel du 17 avril 2008 - Discours de Madame Christine Albanel
> le discours

vendredi 4 avril 2008
Clôture des Assises du jeu vidéo
> le discours
Installation de la Commission présidée par Hugues Gall
> l'article > le dossier de presse (pdf)

mercredi 2 avril 2008
Plan de renouveau pour le marché de l'art français
> l'article > le rapport (pdf)
Art et design en pleine effervescence
> l'article
Artparis, un rendez-vous international et contemporain
> l'article
Sophie Calle s’installe à la BNF
> l'article

jeudi 20 mars 2008
Lancement de la TNT Ile-de-France au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA)
> le discours
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Michel Lambot, et Kenny Gates, co-présidents du label Pias
> le discours
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Brigitte Chaintreau
> le discours
Proclamation des lauréats de la session 2007-2008 des Nouveaux albums des jeunes architectes et des paysagistes
> le discours

mercredi 19 mars 2008
Le prix Georges Pompidou décerné à Yann Arthus Bertrand
> l'article > le discours

vendredi 14 mars 2008
Déjeuner avec des écrivains israéliens invités de la 28e édition du Salon du livre de Paris
> le discours
Remise des insignes de chevalier dans l’Ordre des arts et des lettres à Vincent Noce
> le discours
Remise des insignes de Commandeur dans l'Ordre des Arts et des Lettres à Dee Dee Bridgewater
> le discours

jeudi 13 mars 2008
Salon du livre 2008
> le discours de Madame Christine Albanel Ministre de la culture et de la Communication
> le discours de Monsieur Shimon Peres président de l'Etat d'Israël

- Ouverture de l'Année européenne du dialogue interculturel
> l'article
- Conférence de presse de présentation de la saison culturelle finlandaise en France "Festival 100% Finlande"
> l'article > le discours
- Marie-Antoinette au Grand Palais
> l'article

mercredi 12 mars 2008
Conférence de presse de lancement du Salon du livre et bilan d'étape sur le Plan livre
> l'article
- Marie-Antoinette au Grand Palais
> l'article

mardi 11 mars 2008
- Signature d'un contrat de performance au musée du quai Branly
> le discours
- Cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur àThierry Frémaux
> le discours

mardi 26 février 2008
- Cérémonie de remise des insignes d’Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Nicole Calfan
> le discours
- Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres à Micheline Dax
> le discours
- Chevalier dans l’ordre national du Mérite à Thierry Adhumeau
> le discours

lundi 25 février 2008
- Remise des insignes de chevalier dans l'ordre de la légion d'honneur à Yves Millecamps
> le discours
- Remise des insignes de chevalier dans l'ordre des arts et des lettres à Nadine Pluvieux
> le discours

jeudi 21 février 2008
- Remise des insignes d’officier dans l’ordre national de la legion d’honneur à madame Christiane Ziegler
> le discours
- Remise des insignes de chevalier dans l’ordre de la légion d’honneur à Elisabeth Garouste
> le discours

jeudi 14 février 2008
- Cérémonie de remise de décorations
> Patrice Trigano > François Treves et Alfred Pacquement

mardi 12 février 2008
- Cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Elise Lucet
> le discours
- Cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Daniel Benoin
> le discours

lundi 11 février 2008
- Les Entretiens de Valois, le 11 février
> le discours

mercredi 6 février 2008
- Discours de Christine Albanel prononcé en l’honneur de Jeanne Moreau à l’occasion de l’ouverture d’un cycle qui lui est consacré à la Cinémathèque Française
> le discours
- Réflexion sur la possibilité pour les opérateurs publics d’aliéner des œuvres de leurs collections
> le rapport (pdf) > la lettre de mission (pdf) > le discours

lundi 4 février 2008
- Réception pour les mécènes de La fuite en Egyptede Nicolas Poussin
> le discours

lundi 4 février 2008
- Conférence de presse de présentation de Louvre 2020, projets et grands travaux
> le discours> le dossier de presse/pdf

mercredi 30 janvier 2008
- Signature du dossier de candidature à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de « l’oeuvre architecturale et urbaine de Le Corbusier »
> le discours > le communiqué de presse > english > le dossier de presse (pdf)
- L'éducation artistique et culturelle - communication en Conseil des ministres
> le discours et les communiqués de presse
- Forum Internet dédié à la télévision publique
> le dossier

mardi 29 janvier 2008
- Remise de la distinction de Grand Mécène du ministère de la Culture à la Fondation Bettencourt Schueller, à LVMH/Moët Hennessy - Louis Vuitton, à la Fondation Orange, à la Fondation Gaz de France, à Natixis et à HSBC France ; et de la distinction de Grand Donateur à Monsieur et Madame Hugues Lepic, mécènes du musée du Louvre
> les discours

lundi 28 janvier 2008>
- Remise du prix de l'Equerre d'argent
> le discours

dimanche 27 janvier 2008
Dossier MIDEM
- Le plan de Christine Albanel pour l’avenir de la filière musicale
> le dossier de presse (pdf)
- Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Abd Al Malik
> le discours

lundi 21 janvier 2008
- Présentation de ses vœux à la presse
> le discours

jeudi 17 janvier 2008
Départ de Jacques Rigaud de l’Admical
> le discours

mercredi 16 janvier 2008
Remise de l’album de la Castiglione au musée d’Orsay
> le discours > le dossier de presse (pdf)

jeudi 20 décembre 2007
Signature de l’accord France-télévisions/ Organisations professionnelles du cinéma
> le discours

mercredi 19 décembre 2007
Cérémonie de remise de décorations Versailles
> le discours

samedi 15 décembre 2007
Remise des insignes de chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Vanessa Paradis
> le discours

vendredi 14 décembre 2007
Inauguration de Cités Danse Connexions, le nouveau pôle professionnel de développement de la danse hip hop du théâtre Jean Vilar de Suresnes
> le discours

mercredi 12 décembre 2007
Inauguration de la Cité des Enfants nouvelle génération, à la Cité des sciences et de l’industrie
> le discours

lundi 10 décembre 2007
Conférence de presse : Messiaen 2008 : Centenaire d'Olivier Messiaen (10 décembre 1908 - 27 avril 1992)
> le dossier de presse (pdf) > le discours
Remise des insignes de commandeur dans l’ordre des arts et des lettres
à Francis Nani
> le discours

mercredi 5 décembre 2007
Réception avec les étudiants de l’Ina’sup, l’école supérieure du numérique, formation de l’Institut national de l’audiovisuel
> le discours
Signature de l'arrêté technique fixant la norme de diffusion de la radio numérique
> le discours>

mardi 4 décembre 2007
Lancement de l'opération nationale «Chantè Nwèl»
> le dossier de presse

lundi 3 décembre 2007
Ouverture au Sénat du colloque Chaînes thématiques : quelles nouvelles frontières?
> le discours

vendredi 30 novembre 2007
Inauguration d’un émetteur TNT à Nancy
> le discours

jeudi 29 novembre 2007
Prix du producteur français de télévision 2007
> le discours

23 novembre 2007
Remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres à Bernd Neumann, ministre fédéral allemand pour la Culture et les Médias, à l’occasion de la cinquième édition des Rendez-vous franco-allemands du cinéma à Versailles
> le discours

mardi 6 novembre 2007
Les axes principaux de sa politique en faveur du livre de jeunesse et de la lecture, lors de sa visite du Salon du livre et de la presse jeunesse, à Montreuil-sous-Bois
  > le discours

mardi13 novembre 2007 | Hommage à Michel Guy |
- Ouverture de la table ronde Michel Guy, une ambition réformatrice, organisée par les membres du Comité d'Histoire du ministère de la Culture et des Institutions Culturelles, à l’occasion de la parution de l’ouvrage Michel Guy, secrétaire d’Etat à la Culture 1974-1976, un innovateur méconnu, de Michel Dardy-Cretin.
Il y a presque 20 ans, le 18 mars 1988 au musée Picasso, François Léotard Ministre de la Culture et de la Communication, remettait à Michel Guy les insignes d'Officier de la Légion d'honneur en présence de Raymond Barre.
- Discours de Christine Albanel prononcé à l’occasion de la table ronde en hommage à Michel Guy
> le discours
- Christine Albanel ouvrira les débats d’une table ronde consacrée à l’action de son prédécesseur Michel Guy
> le communiqué
-1988 - le discours de François Léotard - la réponse de Michel Guy - le discours de Raymond barre
> le document sur Michel Guy (pdf)

mardi 6 novembre 2007
- Cérémonie de remise des insignes d’Officier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Anne Magnant
> le discours
- Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Gabriel Mass
> le discours
- Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres à Yves Marek
> le discours

jeudi 25 octobre 2007
- Nominations dans les établissements publics du spectacle vivant
> le discours > le dossier de presse (pdf)

mercredi 24 octobre 2007
-Colloque « horizon 2012 : quelles stratégies gagnantes pour le tout numérique ? »
> le discours

mardi 23 octobre 2007
- Remise des insignes de commandeur dans l’ordre national du Mérite à Maryse Condé
> le discours
- Remise des insignes de commandeur dans l’ordre des arts et des lettreà Bernard Tétu
> le discours
- Expérimentation de la gratuité dans les musées
> le discours > le dossier de presse (pdf) > le communiqué

samedi 20 octobre 2007
- Les Rencontres de Dijon
> le discours d'introduction > la conclusion

lundi 15 octobre 2007
- Conseil national des professions du spectacle
> le discours

vendredi 12 octobre 2007
- Remise des insignes de chevalier dans l’ordre des arts et des lettres à Radu Mihailean
> le discours
- Remise des insignes d’officier dans l’ordre des arts et des lettres à Abderrahmane Sissako
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lundi 8 octobre 2007
- 23e édition du Marché international des programmes audiovisuels et de la communication (MIPCOM)
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mercredi 3 octobre 2007
62e congrès de la Fédération nationale des cinémas français
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lundi 1er octobre 2007
- Cérémonie de remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres à Sting, Stewart Copeland, Andy Summers, du groupe The Police
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mercredi 26 septembre 2007
- Budget 2008 du ministère de la Culture et de la Communication
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lundi 24 septembre 2007
- Lancement de la télévision mobile
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- L'Adoration duveau, de Francis Picabia
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vendredi 14 septembre 2007
Réception des mécènes et des partenaires institutionnels des Journées Européennes du Patrimoine
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jeudi 13 septembre 2007
- Dîner de L'Humanité
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lundi 10 septembre 2007
- Réouverture de la grande halle de la villette : exposition " Bêtes et Hommes "
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jeudi 6 septembre 2007
Lancement de la 24e édition des Journées européennes du patrimoine
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mercredi 5 septembre 2007
Remise des insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur à Édith Girard
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mercredi 5 septembre 2007
Remise des insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres à Aymeric Zublena
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5 septembre : Présentation de la mission confiée à Denis Olivennes sur la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d'oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques

Le dossier de presse en pdf
Discours de Christine Lagarde

Discours de Christine Albanel

Madame la Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, Chère Christine Lagarde,
Cher Denis Olivennes,
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

C'est un grand plaisir pour moi de vous retrouver aujourd'hui, pour présenter cette mission qui va accomplir un travail particulièrement important à nos yeux. L'objectif qui lui est assigné est en effet ambitieux. Il s'agit tout simplement de promouvoir les bonnes pratiques de diffusion de la culture dans l'ère numérique. Et ceci, en réunissant tous les acteurs de la création et de l'Internet autour de deux objectifs communs : défendre les droits de nos créateurs, et offrir aux internautes l'accès le plus large possible aux oeuvres de l'esprit. C'est la ferme volonté du Président de la République, réitérée avec force dans la lettre de mission qu'il m'a adressée le 1er août dernier, et exprimée à de multiples reprises au cours de la campagne présidentielle, et lors de l'ouverture du Festival de Cannes.

Internet offre une chance extraordinaire, et sans précédent, de diffuser facilement et largement les oeuvres, toutes les oeuvres. La musique et les films, bien sûr. Mais aussi, demain, les visites virtuelles de musées, et, pourquoi pas, les captations de pièces de théâtre, de spectacles de toutes natures. Mais il ne faut pas que cette opportunité historique soit porteuse de dangers pour la création elle-même, parce que nous n'aurions pas su inventer, ensemble, de nouveaux modèles économiques permettant un partage équitable de la richesse issue de la création, et réagir à temps au pillage des oeuvres.

Or, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Un milliard de fichiers piratés - films et musique -ont été échangés dans notre pays en 2006. Le marché du disque s'est effondré de plus de 40% au cours des cinq dernières années, avec tout ce que cela signifie en terme d'emplois. Ce phénomène s'est encore accentué en 2007, avec une baisse de près de 20 % au cours du premier semestre par rapport à la même période de l'année précédente. Le cinéma ressent les premiers effets de ce bouleversement des usages, et le livre ne tardera pas à suivre.

Il y a donc urgence. Nous ne pouvons accepter que les artistes soient privés du revenu de leur travail. Que les industries culturelles, fragilisées, ne soient plus en état de prendre des risques, de lancer, de produire de nouveaux talents. Même si cela est difficilement quantifiable, leur absence ne pourrait qu'affecter rapidement la richesse, et le renouvellement de notre création contemporaine.

Et puis nous ne pouvons laisser croire que la culture doit être gratuite, et que la création, en fonction des supports qui la véhiculent, n'a pas de prix, donc pas de valeur. Or, la création a une valeur. Celle du talent de l'artiste. Celle, aussi, du travail de tous ceux qui contribuent à faire exister son oeuvre. Chacun trouve normal de payer en échange d'un bien de consommation, mais aussi d'une place de concert, de théâtre ou de cinéma. Pourquoi ne devrait-on rien payer sur Internet ? Nous le savons bien, le piratage est facile, gratuit, et donc terriblement séduisant, et il est entré de plus en plus dans les moeurs, notamment chez les plus jeunes. Ce n'est pas une raison pour baisser les bras, parce que cette dérive, outre qu'elle porte à une consommation indifférenciée des oeuvres, peut aboutir, à terme, au tarissement de la création.
Face à cette réalité en évolution accélérée, notre principe d'action est simple, même s'il est moins simple de le mettre en oeuvre : faire en sorte que le piratage devienne un risque inutile aux yeux des internautes.

Un risque, parce qu'il est illégal, et donc passible de sanctions. Vous le savez, la loi a créé un dispositif complet de lutte contre les comportements les plus graves, dispositif qui est opérationnel, les pirates « ordinaires », pour leur part, tombant sous le coup du délit de contrefaçon. Il est bien sûr indispensable que toutes les parties prenantes assument pleinement leurs responsabilités dans l'application la loi : l'État, en mobilisant ses différents services compétents, notamment de police et de justice ; les auteurs, en utilisant toutes les ressources qu'elle leur offre pour défendre leurs droits.

Mais la répression, nous en sommes tous conscients, n'apporte pas toutes les réponses. Il faut aussi proposer aux internautes une véritable alternative à la fraude.

Pour l'instant, malgré les efforts accomplis ces dernières années pour enrichir l'offre légale, particulièrement dans le domaine de la musique, la vente en ligne reste sensiblement plus faible en France que chez nos principaux voisins. Quels sont les ressorts de l'attractivité ? Sur quoi doivent porter nos efforts ?

Tout d'abord, sur la diversité des catalogues proposés, aussi bien dans le domaine du cinéma que dans celui de la musique. Le piratage ne doit pas être le moyen le plus efficace de trouver une oeuvre, même rare.

Le prix, ensuite. A cet égard, de nouveaux modèles économiques, comme le financement par la publicité, permettent de concilier un coût faible ou nul pour l'internaute et la participation des auteurs au partage de la valeur qu'ils ont créée.

La clarté des informations fournies sur la prestation : est-il possible de réaliser une copie du fichier téléchargé ? Est-ce un achat définitif, ou bien une simple location ?

La facilité d'utilisation, enfin. C'est essentiel. L'internaute qui télécharge légalement des fichiers ne doit pas être pénalisé par rapport au pirate. Il doit pouvoir en profiter pleinement, sur son ordinateur, sur son baladeur, dans sa voiture, bref, sur tous les types de matériels. C'est le fameux principe de l'« interopérabilité », pour la mise en oeuvre duquel l'Autorité de régulation des mesures techniques (dont je salue le président, Jean Musitelli) est appelée à jouer un rôle majeur de médiation entre les acteurs économiques et les consommateurs.

Sur ce point, l'actualité la plus récente est prometteuse. Je pense notamment aux offres commerciales annoncées au cours de l'été par certains fournisseurs d'accès Internet, en partenariat avec des producteurs, des sites Internet et des sociétés d'auteurs. Ces résultats très concrets du dialogue entre le monde de l'Internet et celui de la création, traduisent la prise de conscience d'une véritable communauté d'intérêts. Ils témoignent de la volonté de tous de rechercher un partage équitable de la richesse produite par les créateurs, qui soit compatible avec l'accès le plus large des internautes à la culture.

Cette attitude moderne rend largement obsolètes les débats d'un passé récent. Elle doit s'affirmer encore et se traduire par une répartition équilibrée des responsabilités en matière de pédagogie et de prévention de la fraude. Chacun doit en prendre sa part. Je pense qu'un paysage nouveau peut ainsi se dessiner, grâce au rapprochement des intérêts et des prises de position. Les multiples entretiens que nous avons eus au cours des deux derniers mois avec tous les professionnels du secteur me confortent dans cette idée.

C'est tout le sens de la mission de proposition et de médiation qui est confiée à Denis Olivennes, Président-Directeur général de la Fnac depuis 2003 après avoir exercé d'importantes responsabilités à Air France, Numéricâble et Canal+.

Cher Denis, je tiens à vous remercier très chaleureusement d'avoir accepté cette lourde responsabilité. Vous êtes à la tête d'une entreprise en pointe dans le développement de l'offre légale. D'aucuns pourraient en tirer argument pour considérer que vous serez, en quelque sorte, juge et partie. Cependant vous avez su manifester, à l'occasion de vos prises de position dans le débat public, une hauteur de conception et une capacité à intégrer la diversité des points de vue, qui vous qualifiaient pour mener à bien cette tâche difficile.

Je voudrais également remercier les experts de haut niveau, qui ont accepté de vous apporter leur appui.

Je pense à Isabelle Falque-Pierrotin, conseiller d'État, membre de la Commission nationale de l'informatique et des libertés et du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique. Et aussi et surtout, depuis 2001, déléguée générale et présidente du Conseil d'orientation du Forum des droits sur l'Internet. C'est donc une double expertise que vous apporterez à ce dossier, la vôtre, et celle des membres du Forum, dont les travaux viendront enrichir les travaux de la mission. Je remercie également Olivier Bomsel, professeur d'économie et chercheur au Centre d'économie industrielle de l'Ecole des Mines, spécialiste de l'économie numérique, ainsi que Pascal Faure, Ingénieur général des télécommunications, actuellement Vice-Président du Conseil Général des Technologies de l'Information.

Je souhaite que vous puissiez, dans les meilleurs délais, entendre toutes les parties prenantes - créateurs, producteurs, professionnels de l'Internet et internautes - ainsi que des personnalités particulièrement qualifiées - économistes, ingénieurs, juristes. Cette première étape de votre mission devra être suivie d'une phase itérative, à l'occasion de laquelle vous vous efforcerez de favoriser la conclusion d'un accord entre tous les professionnels concernés, dissuadant le téléchargement illégal de masse et permettant le développement d'une offre légale attractive. A défaut d'un tel accord, sur la base des conclusions que vous remettrez, le Gouvernement prendra ses responsabilités.

Vous le savez, ma première ambition, dans les fonctions qui m'ont été confiées, est de renouer le lien de solidarité qui doit exister entre la société française, dans toutes ses composantes, et ses créateurs. J'entends faire de la diffusion des oeuvres sur Internet une illustration concrète de cette démarche.

Je vous remercie.


Discours de Christine Lagarde

Madame le Ministre, chère Christine,
Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureuse de me trouver aujourd'hui aux côtés de Christine Albanel pour installer la mission sur la lutte contre le téléchargement illicite et pour le développement des offres légales d’œuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques, mission dont la présidence est confiée à Denis Olivennes. C'est pour moi un symbole important, illustrant le fait que dans notre monde moderne dominé par les technologies du virtuel, l'économie et la culture, loin d'être incompatibles, se nourrissent l’une de l’autre.

Internet est aujourd'hui entré dans la vie quotidienne de nos compatriotes, avec plus de 14 millions d'abonnés au haut débit _ chiffre qui place la France dans le Top 5 mondial, au coude-à-coude avec l’Allemagne. On cherche ses recettes de cuisine sur Google, on achète ses livres sur Fnac.com, on vend ses meubles sur PriceMinister, on prépare ses voyages sur voyages-sncf.com. On retrouve ses amis sur Facebook et on regarde leurs vacances sur DailyMotion. On peut même s’en inventer de nouveaux sur Second Life. Jeunes ou moins jeunes, nous faisons tous partie de la génération HTTP.

Règne du virtuel, Internet génère pourtant de l'argent bien réel. Le chiffre d'affaires du commerce en ligne devrait ainsi atteindre près de 17 Mds d’euros fin 2007 compte tenu du dynamisme de ce circuit de distribution. Le remarquable essor en France des services en ligne et des accès Internet haut débit, pour lesquels nous sommes les champions du monde en terme de rapport qualité/prix, fait du secteur français des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) l'un des plus compétitifs au monde. Gisement de croissance, modèle de productivité, Internet devient chaque jour plus vital pour notre économie, pour cette "économie de la connaissance" qui est au coeur de nos engagements européens.

Internet, c'est donc autant un moteur économique qu'une culture quotidienne. Mais ce n'est pas seulement une culture. C'est aussi de la culture. Sous l'impulsion de créateurs de plus en plus nombreux, qui vont du simple "podcaster" à l'artiste professionnel, la toile vit, la toile vibre, elle fourmille d'oeuvres écrites, sonores ou visuelles. Musiques pour téléphone portable, diffusions de spectacle en haute définition, portails de musées, livres incunables à feuilleter en ligne... l'économie numérique représente une occasion unique pour les créateurs de se faire connaître, pour les internautes de diversifier leurs centres d'intérêt, et pour les archives de sortir de leur placard.

Ce phénomène "d'e-culture", si je puis me permettre ce néologisme, est en plein développement. L’accélération de la convergence entre les technologies de la communication et de l’audiovisuel devrait bientôt permettre une consommation personnalisée de la télévision (vidéo à la demande, télévision interactive, télévision sur mobile…), brouillant encore davantage la ligne de partage entre la culture et le divertissement, la création et l'animation, le créateur et le consommateur...

Dans un tel contexte, l'Etat se doit de veiller attentivement au respect des droits fondamentaux, au premier rang desquels le droit de propriété intellectuelle. C’est non seulement un droit pour les artistes, mais aussi une nécessité pour l’économie numérique. La contrefaçon du droit d’auteur sur Internet, en d'autres termes le piratage, représente aujourd'hui un véritable fléau.

Pour contenir ce fléau, la répression est nécessaire, mais elle ne suffit pas. L’Etat ne doit pas se transformer en policier du net ; il doit inventer des moyens d’incitation et d’action positifs. J’en distinguerai trois :
1. D’abord, la sensibilisation du public : nous allons faire oeuvre de pédagogie pour promouvoir une véritable éthique du net. Les utilisateurs doivent être davantage conscients du caractère frauduleux ou nuisible de certaines pratiques courantes.
2. L’Etat doit ensuite promouvoir un véritable dialogue interprofessionnel entre les différents acteurs concernés, titulaires de droits et fournisseurs de services Internet. Les pouvoirs publics français ont été les premiers en Europe à défendre une telle approche « partenariale » du sujet : ce fut notamment l’objet, en juillet 2004, de la « Charte d’engagements pour le développement de l’offre légale de musique en ligne, le respect de la propriété intellectuelle et la lutte contre la piraterie numérique » à laquelle le Ministre d’Etat de l’époque avait apporté son soutien.
Toutes ces actions ont permis d’enregistrer ces trois dernières années des progrès significatifs en termes de développement des filières légales d’accès à la musique ou au cinéma. L’Etat doit poursuivre et développer ce rôle de médiateur.
3. Mais la meilleure manière de lutter contre le piratage, c’est encore de lui faire concurrence. Voilà pourquoi nous voulons tout mettre en œuvre pour augmenter la quantité et la qualité des offres culturelles légalement mises en ligne. Les consommateurs sont prêts à payer un prix raisonnable pour accéder à des œuvres plus riches et plus variées, disponibles dans les meilleurs délais, et inscrites sur des fichiers de qualité, facilement transportables d’un support sur un autre.

Dans le secteur musical, le marché montre d’ores et déjà des signes encourageants en ce sens avec, par exemple, une offre récente de téléchargement « illimité » d’un catalogue de musique pour les abonnés d’un opérateur bien connu.

Pour les œuvres cinématographiques, la question de la fenêtre d’exploitation des services de vidéo à la demande est évidemment l’un des sujets. Sur ce point, le dialogue permanent entre les différents partenaires professionnels pour constamment veiller à la pertinence des nouveaux modes d’exploitation est important.

Tous ces dispositifs d’action positive ne dispensent bien évidemment pas l’Etat de son rôle répressif face à la délinquance de masse que représente le piratage, quitte, le cas échéant, à devoir adapter le cadre réglementaire.

Je suis convaincue que Denis Olivennes et les autres professionnels de la mission auront à cœur de mener à bien leur tâche. Une tâche délicate, mais nécessaire pour le bon développement d’Internet. La toile doit rester un espace qui libère les créateurs, plutôt que de les piéger comme une toile d’araignée.

Le dossier de presse en pdf

4 septembre : Remise de la médaille de Grand Mécène et Grand Donateur du ministère de la Culture et de la Communication à Son Altesse Royale le Prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Alsaud.


Discours de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé à l’occasion de la cérémonie de remise de la médaille de Grand Mécène du ministère de la Culture et de la Communication à Son Altesse Royale le Prince Alwaleed Bin Talal Bin Abdulaziz Alsaud

Dossier de presse

Monseigneur,
Monsieur le Ministre plénipotentiaire de l’Ambassade d’Arabie Saoudite,
Madame la Directrice des musées de France,
Monsieur le Président-Directeur général du musée du Louvre,

Remise de la médaille au Prince

Je suis heureuse de me trouver aujourd’hui au Louvre, musée emblématique de notre histoire et de notre civilisation, mais aussi musée résolument ouvert sur le monde, dans la variété de ses expressions artistiques, pour vous dire la profonde reconnaissance de la France. Votre geste représente beaucoup plus qu’un don d’amitié, même s’il est exceptionnel par son ampleur et sa générosité. C’est un véritable message de fraternité et de foi dans le dialogue des cultures, prélude essentiel à la connaissance et à la compréhension entre les peuples.

Grâce à vous, le Louvre, institution à vocation universelle, musée le plus visité sur la planète, mettra en lumière l’apport essentiel de l’Islam à notre culture, et à la longue épopée de l’humanité. Grâce à vous, ce sont treize siècles d’art et d’histoire, sur trois continents, qui seront racontés de façon intelligible, lumineuse, à ses millions de visiteurs. Grâce à vous, ce public venu du monde entier pourra mieux connaître, comprendre, admirer et aimer l’extraordinaire richesse et le subtil raffinement de ces arts, dans toute leur diversité.

Bientôt l’une des plus belles collections du monde dans le domaine des arts de l’Islam trouvera un écrin de choix dans cette cour Visconti, non loin des chefs-d’œuvre de l’Egypte romaine et copte, de l’Antiquité grecque et de la Renaissance italienne, signifiant ainsi leur place de tout premier ordre dans l’histoire des civilisations.

Les quelque 10 000 joyaux de la collection du Louvre, complétés par 3000 pièces du musée des Arts décoratifs seront présentés dans un vaste parcours, novateur et ambitieux.

Ambitieux est sans doute le terme qui qualifie le mieux ce projet lancé par le Président Jacques Chirac il y a quatre ans. Simplement l’ambition de rapprocher les cultures, les civilisations, les peuples, dans un esprit de compréhension et de respect mutuels. Dans le contexte de tensions internationales que nous connaissons aujourd’hui, cette ambition est chaque jour plus ardente et plus nécessaire. Il est essentiel d’apprendre à se connaître, essentiel de découvrir, essentiel d’admirer, pour dépasser l’ignorance, les préjugés, les caricatures, qui sont les terreaux de la haine. Cette ambition, vous l’incarnez éminemment.

Petit-fils du souverain Abdelaziz Al Saoud, fondateur de l’Arabie saoudite, vos racines puisent au cœur de l’histoire de ce pays, terre de La Mecque, berceau de l’Islam, et carrefour privilégié des civilisations occidentale, asiatique, et africaine.

Cette ouverture au monde marque votre brillante carrière à la tête de la société que vous avez créée en 1990, Kingdom Holding Company. Vous êtes aujourd’hui un entrepreneur et un investisseur de dimension internationale, dans des secteurs aussi variés que la construction, l’immobilier, la banque, les télécommunications, les médias, le tourisme, les loisirs, l’agriculture, la haute couture, ou encore la construction automobile.

Vous auriez pu vous contenter de cette réussite éclatante, mais elle n’a d’égale que votre générosité, et une conscience aiguë de vos responsabilités envers vos concitoyens. Vous menez ainsi, dans votre pays, un programme ambitieux et exemplaire de soutien à l’emploi et à l’éducation, et de lutte contre la précarité. Ce sont plus de 2000 logements qui sont aujourd’hui, grâce à vous, mis à la disposition des plus défavorisés.

La solidarité ne connaît pas les frontières. Authentique philanthrope et fervent humaniste, vous soutenez de nombreuses activités d’aide aux victimes de catastrophes naturelles et de lutte contre la pauvreté, en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et dans d’autres pays du Moyen-Orient. Mécène également des arts, des sciences et de l’éducation, vous apportez une aide précieuse à des institutions telles que l’Université américaine du Caire, ainsi qu’à des programmes scolaires et universitaires, notamment au Liban, au travers de la Fondation Humanitaire Alwaleed Bin Talal de Beyrouth. Je sais que c’est un pays qui vous est très cher, puisque votre grand-père maternel, Riad El-Solh, a été le premier chef du gouvernement du Liban indépendant. Vous êtes convaincu que l’éducation et la connaissance sont les conditions de la compréhension et de la paix entre les peuples et les civilisations, et vous avez même créé, au sein de votre société, un département d’études stratégiques spécialement consacré à ce sujet.

C’est tout le sens de votre geste envers le Louvre, qui signe également votre attachement de toujours à notre pays. Vous l’avez exprimé à de nombreuses reprises, et notamment en acquérant, en 1996, le mythique Hôtel Georges V, vitrine de l ’excellence et de l’art de vivre à la française. Pour cet amour profond de notre pays, pour votre contribution éminente à ses arts et à sa culture, le Président Jacques Chirac a tenu à vous remettre, l’année dernière, les insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur.

Votre nom est aujourd’hui gravé dans le marbre de notre plus grand musée, signifiant à ses millions de visiteurs que l’amitié et le dialogue entre les peuples se nourrit de la passion, du dévouement, et de la générosité de personnalités comme la vôtre.

Pour toutes ces raisons, Monseigneur, pour ce que vous êtes et ce que vous faites, j’ai le grand honneur de vous décerner la médaille de Grand Mécène, et de Grand Donateur du Ministère de la Culture et de la Communication.

photos : Didier Plowy/MCC

2 septembre : Remise des insignes de chevalier dans l’Ordre des arts et des lettre à George Clooney


Cher George Clooney,
C’est un immense plaisir de vous rendre hommage aujourd’hui, dans ce Festival qui porte depuis plus de trente ans les couleurs du cinéma américain en France. Ce plaisir est à la hauteur de celui que vous procurez aux spectateurs de ce pays, à chacune de vos apparitions sur le petit ou sur le grand écran, devant ou derrière la caméra. Ici, comme de l’autre côté de l’Atlantique, et dans le monde entier, vous êtes un symbole, la quintessence de l’acteur américain, dans la lignée des plus grands, Clark Gable et Cary Grant, une légende vivante, au talent incontestable et au charme irrésistible. Les lois du genre voudraient que je brosse votre portrait en quelques minutes, en m’attachant à ces quelques étapes marquantes qui résument le combat d’une vie ou la force d’une œuvre. Mais plus l’on se plonge dans le détail de votre carrière, moins l’on parvient à en simplifier les traits. Derrière le masque du séducteur, se cachent une savante auto-dérision, un malin plaisir à brouiller les pistes, mais aussi une réelle ambition artistique, un engagement total aux côté de ceux qui souffrent, et une indignation sincère devant tous les mensonges de l’histoire. Mais qui êtes-vous réellement, Georges Clooney ?
Le public français, qui ne vous a pas forcément remarqué dans Le Retour des tomates tueuses [Return of the Killer Tomatoes], vous découvre au milieu des années quatre-vingt-dix, dans une série pionnière qui a fait naître bien des vocations, tant audiovisuelles que chirurgicales. Est-ce la peine de préciser son titre ? Séduisant urgentiste, vous rendez étonnamment « glamour » les couloirs, les néons et les défibrillateurs de l’hôpital Cook County de Chicago. Mais derrière le sourire ténébreux, pointe déjà cette distance mystérieuse, promesse de toutes les audaces dont vous ferez preuve en quittant la blouse blanche. Votre carrière prend alors un tour peu orthodoxe, en tête d’affiche des premiers films du box-office, comme du cinéma indépendant le plus pointu. Robert Rodriguez, David O.Russell vous offrent vos premiers rôles iconoclastes, dans Une nuit en enfer [From Dusk till Down], et Les Rois du désert [Three Kings].
Votre interprétation du gentleman cambrioleur dans Hors d’atteinte [Out of sight], en 1998, marque votre première collaboration avec le réalisateur Steven Soderbergh, que vous retrouverez pour le réjouissant triptyque, film choral à la distribution de rêve, Ocean’s Eleven, Twelve, et Thirteen. Vous le suivrez également sur son projet ambitieux, le remake du chef-d’œuvre d’Andrei Tarkovski, Solaris. Vous êtes fidèle aux réalisateurs que vous admirez. Pour les frères Coen, vous campez un bagnard obsédé par son apparence dans l’odyssée blues O Brother Where are thou ? Cette Grande Evasion version goudron et plumes, chaînes et boulets, sélectionnée à Cannes, vous vaut le Golden Globe du meilleur second rôle. Vous troquez deux ans plus tard le costume à rayures pour celui d’un avocat propret aux dents longues, confronté à Catherine Zeta-Jones dans une comédie acide, Intolérable cruauté [Intolerable Cruelty].
C’est peut-être cette relation privilégiée avec de grands réalisateurs qui vous a donné l’envie de passer derrière la caméra, en 2003, pour le film Confessions d’un homme dangereux [Confessions of a dangerous mind]. Vous gagnez, grâce à lui, vos galons de cinéaste, confirmés en 2005 par le brillant et profond Good night and good luck. Ce film en noir et blanc, à l’esthétique soignée, qui retrace l’histoire d’un journaliste de CBS en lutte contre les manipulations et les bassesses du Sénateur Mc Carthy, signe une belle ambition artistique, et un réel souci de reconstitution et d’exactitude historiques, qui donnent force et émotion à votre propos. La France s'honore d'avoir été associée à la production de cette oeuvre remarquable, couverte de prix à Venise. Aiguiser le sens critique, réveiller le spectateur, interpeller le citoyen, faire éclater la vérité par l’image, fictive ou réelle, telle semble être aujourd’hui la mission que vous vous êtes fixée. Syriana, de Steven Gaghan, dans lequel vous jouez un espion fatigué, dénonce un certain cynisme des relations internationales, avec pour cadre le Moyen-Orient. Journey into Darfur, la chronique de votre périlleux voyage au Darfour en 2006, a largement contribué à l’éveil des consciences sur la tragédie qui se joue en ce moment même dans ce pays.
Le film que vous présentez à Deauville, Michael Clayton, réalisé par Tony Gilroy, s’en prend cette fois à la toute puissance, à l’impunité, et à l’immoralité d’une puissante firme agrochimique. « Ne détournez pas les yeux. Sinon, toute une génération nous jugera. », avez-vous affirmé en présentant votre documentaire sur le Darfour. Ce pourrait être l’avertissement de presque toutes vos dernières œuvres. Oui, Georges Clooney, au delà d'un célèbre sourire qui séduit tant les médias -et les spectatrices- vous êtes un réalisateur de talent, un producteur indépendant et un acteur insoumis, tour à tour cocasse, sérieux, tombeur, véhément, déjanté, engagé … « What else ? » dites-vous dans une célèbre publicité. Oui, what else ? Vous allez, j'en suis certaine, continuer à nous séduire et à nous étonner. Peut être en défendant de nouvelles causes qui vous semblent justes, comme dans Good Night and Good Luck, où vous traitez le thème de l'intolérance qui traverse le meilleur du cinéma américain depuis D.W. Griffith. Mais aussi et surtout en défendant un cinéma audacieux, un cinéma de qualité, qui va bien au-delà du simple divertissement, même s'il donne du plaisir.
C'est pour tout cela, cher George Clooney, que la France veut vous honorer. Pour le cœur, la douce folie, l’exigence, et l’indépendance que vous mettez en chacune de vos actions. George Clooney, au nom de la République, nous vous remettons les insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

25 juillet : Audition de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication par les membres de la commission des affaires culturelles du Sénat


Monsieur le Président, Cher Jacques Valade, Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

Merci, Monsieur le Président, de me permettre d’être ainsi auditionnée par votre commission, dont je voudrais saluer très chaleureusement les membres, commission avec laquelle des liens forts se sont tout de suite noués. Vous me donnez aujourd’hui une occasion importante de m’exprimer, deux mois après ma nomination, sur la politique que j’ai la volonté de mettre en œuvre, dans le respect des orientations définies par le Président de la République et le Premier Ministre.

La politique culturelle compte parmi les grandes politiques publiques de notre pays. Alors que s’approche le cinquantième anniversaire de la création du ministère, on invoque toujours, à juste titre, André Malraux, son ambition pour la France, sa clairvoyance, sa volonté de transmettre, de démocratiser la culture, d’irriguer l’ensemble de notre territoire, d’ouvrir notre pays à la création et à la modernité. Cette ambition est toujours vivante, et les étapes marquantes dans la vie du ministère ont été franchies en la poursuivant. Bien sûr, le paysage culturel a changé. Son périmètre, ses vecteurs, ses urgences, ne sont pas les mêmes qu’il y a 50 ans ou il y a 25 ans.

Sur la culture, pèsent aujourd’hui très lourdement des questions économiques, celles de son financement, en raison notamment de la multiplication des grandes institutions et de l’offre culturelle. Des questions technologiques, celles de la circulation des œuvres sur les réseaux et de leur reproductibilité à l’infini. Des questions sociales, celles des conditions de vie et de travail des créateurs et des artistes. Ces questions ne sont pas toutes absolument nouvelles, mais elles se posent avec une acuité, voire une violence, qui, elles, le sont. Voyez l’explosion de la fraude sur les réseaux. Voyez la longue crise de l’intermittence.

Ces différentes questions, ces problèmes complexes, je souhaite les aborder, et tenter de leur apporter des réponses, avec l’aide et les conseils de tous ceux qui se sentent partie prenante dans le combat culturel, et au premier chef votre commission. Je souhaite le faire avec courage, persévérance, simplement pour retrouver des marges de manœuvres. Pour assumer les missions essentielles de ce ministère. Pour être aux côtés des créateurs, de tous les créateurs, qui contribuent tellement au rayonnement de la France, à sa dimension internationale, à son identité qui, depuis des siècles, est d’abord culturelle.

Ces grandes missions, chacun les connaît : patrimoine. Création. Transmission. Chacune nécessite un engagement fort de l’Etat.

Ce n’est pas, un effet, entre les grandes missions du ministère qu’il faut choisir, en privilégiant l’une par rapport à l’autre. C’est au sein de chacune d’elles qu’il faut faire des choix, en fonction des enjeux, de l’utilité ou de la nécessité culturelle, de la qualité, voire de l’excellence. Nous nous devons autant au patrimoine qu’à la création, dans un pays riche d’un héritage exceptionnel, mais parfois en état de péril. Un pays où des créateurs nombreux, pleins de talents, ont parfois du mal à accéder à leur public.

Dans le domaine du patrimoine, les besoins de financement sont, comme vous le savez, considérables. Nous restons dans une situation difficile depuis les abattements de crédits de paiements réalisés entre 2002 et 2004, avec une traîne de dettes qui pèse lourdement sur l’engagement d’opérations nouvelles, alors que le patrimoine a besoin de moyens stables et suffisants. Je sais que vous estimez ces moyens entre 350 et 400 ME par an. Dans le cadre de la LFI 2007, une source de financement a été dégagée pour y parvenir, puisque nous atteignons 378 ME en crédits de paiements, mais chacun sait que cette somme a été atteinte en cumulant 70 ME de recette affectée en LFR 2006 et 70 ME en LFI 2007. D’autre part, le financement du patrimoine sur des crédits extra-budgétaires n’est pas sans conséquence sur l’organisation de la maîtrise d’ouvrage au ministère. Je sais votre préoccupation sur ce point. Financement et réorganisation ne sont pas dissociables. C’est un sujet qu’il faut traiter dans la clarté, et en prenant le temps de réfléchir et de se concerter. J’ai donc décidé de missionner, dès cette semaine, un groupe d’experts, qui devra prendre en compte l’ensemble de ces aspects, et qui me rendra ses conclusions avant la fin de l’année 2007.

La réorganisation de la maîtrise d’ouvrage, dont les principes seront dégagés par cette mission, pourra s’appuyer sur d’autres actions de modernisation et de simplification d’ores et déjà en cours. Je pense en particulier au décret sur le statut des architectes en chef des monuments historiques, que je vais signer très prochainement, et qui permettra au maître d’ouvrage de choisir son architecte, ainsi qu’à l’ordonnance de septembre 2005 relative à la maîtrise d’ouvrage, sur laquelle vous préparez votre rapport.

L’objectif est triple. Nous devons assurer, à un niveau suffisant, les moyens nécessaires à l’entretien de notre patrimoine, en veillant à leur stabilité et à leur pérennité. Nous devons gagner de l’efficacité, de la rapidité dans les études et les travaux. Nous devons aussi nous donner une politique rigoureuse de classement, en évitant des mesures de classement plus politiques qu’artistiques ou scientifiques, qui alourdissent la charge des collectivités publiques.

Une bonne économie du patrimoine suppose qu’on ne multiplie pas les chantiers nouveaux. Toutefois, s’agissant des « grands travaux », je veux vous confirmer mon attachement aux chantiers de Pierrefittes, pour les archives nationales, et du quadrilatère Richelieu, pour la BNF et l’INHA, chantiers importants, au cœur des missions de l’Etat. Je sais l’attention particulière de votre commission à ce dernier dossier.

Enfin, je voudrais faire valoir pleinement la place que la politique du patrimoine – et celle de l’architecture – doivent occuper dans la politique du développement durable. Comment imaginer un développement harmonieux de nos villes et de nos territoires ruraux, comment imaginer un tourisme respectueux des lieux et des paysages, de leur identité, sans prise en compte de ces deux enjeux portés par la Culture ?

Dans le domaine de la création, deux questions essentielles se posent. La première est celle de la condition des créateurs. La seconde est celle de l’offre culturelle française, avec ses modalités de financement, ses atouts et ses faiblesses.

Quelle condition notre société veut-elle faire aux créateurs, aux artistes ? Veut-elle les aider, les respecter, ou simplement se servir de leur travail et de leur talent ? Veut-elle célébrer et partager la création, ou seulement la consommer au meilleur prix, si possible gratuitement ? Le pillage des œuvres sur les réseaux, mais aussi la question de l’intermittence renvoient à cette question, qui est celle de notre responsabilité collective. Je le dis clairement. Pour les industries qui produisent et diffusent les contenus, qu’il s’agisse de musique, de cinéma, du livre. Pour les patrons des équipements et de toutes les structures de spectacle vivant, et enfin pour le public, cette responsabilité consiste à assurer aux créateurs et aux artistes la juste rémunération de leur travail. Cela veut dire qu’on n’a pas le droit de considérer cette rémunération comme la variable d’ajustement d’un équilibre économique ou d’une rentabilité, ni de la faire assurer par certains dispositifs publics de soutien ou par la seule solidarité interprofessionnelle, dont ce n’est pas la fonction première. Une bourse d’auteur ne peut tenir lieu de droit d’auteur. Une allocation de chômage ne peut tenir lieu de salaire. Les crises récentes qui ont ébranlé le monde de la culture ont donné lieu à une prise de conscience, qui est tout simplement que la culture, l’offre culturelle ont un prix. Un prix qui vaut reconnaissance.

S’agissant de l'intermittence, un protocole a été signé fin 2006 après de très longues négociations, et il est entré en application en avril dernier. Il comporte des avancées certaines, et, de manière générale, ces avancées, jointes à la multiplication des contrôles, aux accords qui sont trouvés peu à peu dans le cadre des différentes conventions collectives, vont dans le sens d’une plus grande professionnalisation, qui est l’intérêt de tous. Naturellement, il faut rester attentifs, faire un état des lieux à la rentrée avec le Ministère du Travail, le Ministère de l’Emploi et les partenaires sociaux, notamment sur les conditions d’accès au Fonds de professionnalisation et de solidarité, et sur les aides apportées, en examinant ce qui doit être amélioré. Il faut absolument que les droits sociaux des artistes et des techniciens soient reconnus et pérennisés dans leur spécificité, et cela sur le long terme.

Quant au droit des auteurs et des créateurs, sa défense est pour moi une priorité, car c’est sur lui que repose toute l’économie de la création. Je sais que le Sénat, et en particulier votre commission, est à la fois son meilleur protecteur et son meilleur modernisateur. Le Président de la République, vous le savez, s’est engagé avec force à faire respecter le droit d’auteur et la propriété intellectuelle sur les réseaux. Cet enjeu appelle plusieurs actions absolument solidaires. D’abord, lutter efficacement contre la piraterie, en particulier la piraterie massive et organisée. Nous avons un bon instrument, c’est la loi DADVSI, qui doit tant à votre travail. Cette loi, il faut maintenant l’appliquer, et ce matin même en Conseil des ministres, j’ai fait valoir la nécessité que les services de l’Etat concernés, police et justice, soient correctement mobilisés pour ce faire.

Ensuite, favoriser une concertation entre les différents professionnels impliqués et les internautes, afin, d’une part de développer une offre légale digne de ce nom, et, d’autre part, d’amener les FAI, par voie de contractualisation, à assumer une pédagogie de la fraude, avec des processus d’alerte. Un groupe de travail sera désigné d’ici quelques semaines pour entendre chacun, explorer toutes les voies, et faire des propositions précises et réalistes, en tenant compte, bien sûr, des évolutions permanentes du secteur. C’est ainsi, en donnant des signaux de sévérité, et en même temps en organisant un accès aux œuvres vraiment attractif que nous défendrons efficacement les créateurs.

Poser la question de la création, c’est poser celle de son financement.

Nous avons en France une grande tradition d’aide publique à la création. C’est une exception française qui nous place aux avants postes culturels sur le continent, et qui est d’ailleurs désormais pleinement reconnue par l’Europe. Je pense, par exemple, à la validation jusqu’en 2011 de nos systèmes d’aide à la création cinématographique, même si nous devons rester vigilants, puisque la Commission a d’ores et déjà engagé une réflexion sur la révision des critères de territorialisation des aides au cinéma.

Cette exception française, nous devons en être fiers, et cesser de nous en excuser. Aider nos industries culturelles n’est pas une concession que l’on nous fait. C’est un droit, un droit qu’est venu consacrer la convention de l’Unesco sur la diversité culturelle. Ainsi, par exemple, nous avons su créer en France une industrie du jeu vidéo imaginative, créative, originale. Au nom de quoi nous serait-il interdit de l’aider, alors que les Américains, les Canadiens, les Indiens, les Chinois le font, et même massivement ?

Mais, naturellement, le financement public a ses exigences. Il faut d’abord évaluer nos dispositifs de soutien, afin de s’assurer qu’ils sont adaptés aux besoins. Il n’est pas normal qu’au moment où les aides publiques au cinéma n’ont jamais été aussi intenses et diverses, la réalisatrice Pascale Ferran puisse s’inquiéter de la paupérisation d’une partie de la production cinématographique, celle qu’elle juge la plus créative. Je souhaite en particulier qu’une priorité soit donnée par le CNC aux aides à l’écriture et au développement, pour toutes les œuvres télévisuelles et cinématographiques, ainsi qu’à l’accompagnement du travail des auteurs en amont de la production. C’est ainsi que nous stimulerons l’innovation. Les orientations des COM de France Télévisions et d’Arte vont dans le même sens et favorisent les nouvelles écritures. Par ailleurs, la loi Télévision du Futur et la directive « Médias » contiennent des dispositions qui vont progressivement engager les fournisseurs de services à investir dans les programmes européens. L’enjeu, c’est la diversité et la qualité des programmes et des œuvres, dans un contexte d’accroissement de l’offre. C’est un défi permanent.

L’autre exigence, c’est celle que nous portons au nom des publics. Car des financements publics supposent que des engagements soient pris pour rencontrer les publics et répondre à leurs attentes.

Ainsi, en ce qui concerne le spectacle vivant, qui est en France d’une exceptionnelle richesse, grâce notamment à l’effort considérable mené depuis des années par l’Etat et les collectivités locales, il est normal que les aides apportées à de très nombreuses compagnies, structures, institutions, aient des contreparties. La rencontre d’un public nombreux en est une, car qualité et attractivité ne sont nullement contradictoires. Les liens, les partenariats noués avec les établissements scolaires et universitaires, les organismes de jeunesse, doivent être aussi une contrepartie. La diffusion enfin, une diffusion suffisante, précisément pour pouvoir rencontrer les publics en est une troisième. Il y a déjà quelques années, le rapport Latarjet avait judicieusement souligné le hiatus entre une production toujours plus abondante et une diffusion toujours plus faible des spectacles produits. Il faut donc rechercher un nouvel équilibre entre production et diffusion.

Cette diffusion concerne aussi le cinéma. La France est le premier pays d’Europe pour la production de films avec plus de 200 films produits annuellement, qui ont maintenant les faveurs du public, puisqu’en 2006 les entrées des films français ont dépassé celles des films américains. Mais les conditions de diffusion des œuvres en salles ne sont pas optimales. D’où la nécessité d’une vraie concertation entre les professionnels, que j’accompagnerai, pour améliorer les conditions et le calendrier de sortie des œuvres. L’autre enjeu, c’est la transition de l’industrie cinématographique vers le tout-numérique, notamment la projection numérique dans les salles de cinéma. Le déploiement de cette nouvelle technologie ne doit pas affecter l’objectif de pluralisme et de diversité de l’offre de films, que nous voulons promouvoir. Il faudra donc que l’Etat accompagne et régule ce passage du cinéma au numérique, comme il le fait déjà pour la télévision avec la loi « télévision du futur ».

La diffusion audiovisuelle a connu une formidable accélération depuis le lancement de la TNT, le 31 mars 2005. Aujourd’hui, 70% de la population française peut avoir accès à la TNT et ce taux atteindra 85% en fin d’année grâce à la couverture de l’Alsace et de la Lorraine. Mais le Gouvernement ne s’arrêtera pas là. Vous le savez, puisque la Haute Assemblée y a pris une part très importante, la loi dite de « télévision du futur» prévoit que fin 2011, lors de l’extinction de la diffusion analogique, 95% de la population devra être couverte par le numérique terrestre, et 100% grâce aux autres technologiques comme le satellite. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel vient de confirmer ce calendrier. Aucun département ne sera oublié puisqu’un minimum de 91% de couverture TNT sera exigé dans chaque département. Je me félicite du travail pleinement complémentaire conduit par le Parlement, le Gouvernement et le CSA afin que tous nos concitoyens puissent bénéficier de l’apport de la TNT : 18 chaînes gratuites et bientôt la télévision en haute définition.

La diffusion de l’offre dans sa diversité, et le soutien à l’exigence et à l’excellence éditoriales constituent le fil conducteur d’une nouvelle politique du livre qui devra rapidement être mise en chantier, politique à laquelle je suis personnellement attachée.

Pour décider des évolutions nécessaires, je dispose d’un récent audit de modernisation et surtout du rapport intitulé « Livre 2010 » que Sophie Barluet, malheureusement disparue il y a quelques jours, m’a remis au début du mois. Il comporte 50 propositions souvent innovantes qui sont actuellement à l’étude. Relever le défi du numérique auquel le livre est lui aussi confronté, ce qui suppose de promouvoir l’essor d’une offre légale en ligne. Aider les librairies à développer leur présence et leur offre sur les réseaux. Conforter ce maillage culturel exceptionnel de notre territoire qu’assurent les libraires. C’est d’ailleurs la mission que je viens de confier à Antoine Gallimard, qui va travailler sur l’avenir de la librairie indépendante. Oeuvrer en faveur d’une modernisation de la politique des bibliothèques, et je souhaite proposer à ma collègue Valérie Pécresse une réflexion sur les rapprochements envisageables entre réseau de lecture publique et réseau universitaire. Faire évoluer le Centre National du Livre, qui pourrait disposer de moyens supplémentaires et de missions élargies. Telles sont les lignes directrices de la réflexion actuellement menée, avec le souci d’anticiper plutôt que de subir. Tout simplement parce que le livre reste le fondement de tout apprentissage et de toute culture.

L’écrit, c’est aussi la presse, et sa diffusion est une question vitale pour le pluralisme de l’information, et donc la vitalité démocratique. Dès le 20 juin, j’ai pris l’engagement, au nom de l’Etat, d’accompagner le plan de réforme des NMPP. « Défi 2010 » va mettre en œuvre une restructuration ambitieuse de la distribution de la presse en France. 150 millions d’euros seront consacrés en 4 ans par les éditeurs et l’opérateur des NMPP. En contrepartie, l’Etat apportera sa contribution via une revalorisation de l’aide à la presse d’information générale et politique. Le déploiement de nouveaux points de vente, mieux ciblés, est crucial ; la modernisation du réseau logistique aussi. La diffusion de la presse doit être moins rigide et donc plus efficace. Cet effort commun doit permettre à nos journaux, à nos magazines, nationaux et régionaux, de continuer à refléter la diversité et le pluralisme des expressions à Paris et dans les régions.

Si j’insiste à ce point sur la problématique de la diffusion, dans tous les domaines, c’est parce qu’une politique de l’offre culturelle n’a de sens que si elle s’accompagne d’une politique de la demande, une politique des publics. Il faut aller au devant des publics, proposer des œuvres de qualité, avec le souci de la durée d’exposition et de la proximité. Il faut enfin initier les jeunes, parce que c’est ainsi que l’on crée les publics de demain.

C’est évidemment l’un des enjeux forts de l’éducation artistique et culturelle, qui figure dans les décrets d’attribution du Ministère de la Culture et du Ministère de l’Education Nationale, signe de l’importance qui s’attache à cette mission. Mon collègue Xavier Darcos et moi-même avons décidé de bâtir un plan d’action commun, avec pour objectif de parvenir enfin à la généralisation de l’éducation artistique et culturelle, envisagée comme un droit pour tout jeune scolarisé. Les lignes de force seront l’introduction de l’histoire de l’art et de la dimension culturelle dans tous les enseignements tout au long de la scolarité. L’impératif d’une pratique artistique pour tous les élèves. Le développement de la coopération entre les établissements scolaires et les établissements d’enseignement spécialisé, comme les conservatoires. Le rapprochement des IUFM avec les établissements d’enseignement supérieur relevant du Ministère de la Culture, afin de mieux former les futurs enseignants. Enfin, la multiplication de partenariats privilégiés, que j’évoquais à l’occasion des aides apportées au spectacle vivant, entre les établissements scolaires, et toutes les institutions, associations, compagnies culturelles, afin de démultiplier les contacts et les projets entre ces deux mondes qui s’ignorent trop souvent.

Ces objectifs nécessitent un partenariat très fort entre nos deux ministères, ainsi qu’avec les collectivités locales. A l’automne, nous avons l’attention d’annoncer en commun un véritable plan d’action.

Accroître la demande et attirer de nouveaux publics est aussi l’un des enjeux de l’expérimentation de la gratuité dans les musées demandée par le Premier ministre. Je me félicite de cette demande d’expérimentation qui permettra de bien apprécier toutes les données de ce sujet complexe. D’ores et déjà, nous travaillons à l’établissement d’un panel représentatif, afin que cette expérience puisse avoir lieu pendant tout le premier semestre de l’année 2008.

Voilà, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, quelques lignes directrices de l’action que je souhaite conduire. Je me battrai pour le patrimoine, qui est notre identité, notre mémoire, mais aussi une source majeure d’emplois, que l’on considère le tourisme, ou les métiers d’arts et les entreprises spécialisées. Je me battrai pour qu’il soit l’objet d’un effort suffisant et constant, car rien n’est pire que les chantiers qui s’arrêtent et dont il ne reste que des échafaudages. Le Premier Ministre, et je m’en réjouis, s’est exprimé avec force, dans ce sens, dans sa déclaration de politique générale. Je serai résolument aux côtés des créateurs pour défendre leurs droits, droits d’auteurs comme droits sociaux. Mais je souhaite en retour que notre politique de financement public s’accompagne de justes contreparties, et qu’en fonction d’un certain nombre de critères, des choix soient effectués. Je souhaite aussi qu’en mettant l’accent sur la diffusion, dans toutes les disciplines, dans tous les secteurs et sur tous les supports, et en portant une politique plus ambitieuse de l’éducation artistique, l’on fasse vivre davantage l’idéal malrucien de démocratie de la culture. Il parlait de donner à chacun « les clés du trésor ». Ces clés sont entre les mains des mêmes depuis des décennies. Tout doit être fait pour faire évoluer la structure même des publics.

Je me félicite de pouvoir m’appuyer, pour mener ces différents projets, sur toutes les équipes du ministère de la Culture et de la Communication. C’est un ministère où l’on ne travaille pas par hasard, mais bien plutôt par choix, par engagement personnel, et je me réjouis de pouvoir disposer d’une administration compétente, motivée, et souvent passionnée. Bien sûr, cette administration devra évoluer, pour mieux refléter, dans son organisation, les grands programmes de la LOLF. Je souhaite aussi que tous les acteurs du ministère, administration centrale, directions régionales, établissements publics et grands opérateurs, travaillent ensemble, et développent davantage de synergies. Les projets, les grandes orientations doivent être portés par tous, qu’il s’agisse de la culture du choix, qui doit présider à toute décision, ou encore de défis à relever, comme la promotion de la diversité culturelle ou la politique en faveur des handicapés. C’est ainsi que l’action de la rue de Valois aura sa pleine cohérence et sa pleine visibilité.

Je me réjouis également de l’étroit partenariat qui s’est instauré depuis longtemps avec les collectivités locales, et je veux vous dire mon souhait d’engager un dialogue très ouvert avec les régions. J’ai la conviction, en effet, que les régions peuvent aujourd’hui apporter une contribution nouvelle au service public de la culture, et nous permettre, aux côtés des communes et des départements -qui font tant ! -de répondre à des priorités comme le meilleur fonctionnement des équipements, en particulier ceux qui assurent les enseignements artistiques, comme la mise en valeur du patrimoine, et comme le développement des commerces culturels. Je pense qu’ensemble, sur une base concertée et contractuelle, on peut faire plus et mieux pour le développement culturel, qui est une chance pour le développement économique et touristique. Je veux inviter les régions, comme l’a fait la région alsace sur le patrimoine, à entrer de plain-pied dans un pacte rénové et élargi des collectivités pour le service public de la culture. En particulier, c’est avec elles, et sur la base des initiatives prises déjà par certaines d’entre elles, que nous devrons réfléchir à la création d’un « Pass Culture » pour les jeunes de notre pays.

Enfin, je me battrai pour que les financements si nécessaires à une politique culturelle ambitieuse soient mobilisés dans toute leur diversité. Je pense d’abord qu’il faut continuer à explorer les leviers non-budgétaires, et en particulier les leviers fiscaux. Les crédits d’impôt ont fait la preuve de leur efficacité et sont appropriés pour nos industries culturelles. La question de la TVA à l’importation, qui pèse lourdement sur notre marché de l’art, devra être posée. Les lois sur le mécénat, qui ont permis depuis 2003 l’acquisition de trésors nationaux à hauteur de plus de 63 ME, doivent encore être améliorées, et j’organiserai à cet effet, pour 2008, à l’occasion du 5ème anniversaire de ces lois, une grande concertation associant tous ceux qui sont intéressés au mécénat, fondations, entreprises, responsables publics et privés. D’ores et déjà le PLF 2008 proposera de nouveaux ajustements à l’examen du Parlement.

Je souhaite enfin encourager nos institutions à développer leurs recettes propres, à partir de leur expertise et de leur savoir-faire. Le Louvre d’Abou Dabi n’est-il pas une illustration exemplaire des possibilités qui s’offrent à elles dans un monde ouvert, où l’image de la France passe par celle de sa culture, et où cette culture est recherchée pour sa profondeur historique, son éclectisme, son universalisme ? Voilà un projet pour lequel une institution publique française a été préférée à une entreprise privée américaine ! Et c’est pour nous tous une source de fierté. Si l’Etat doit pleinement assumer son rôle, et être un partenaire actif pour les collectivités locales qui, toujours davantage, s’engagent pour le combat culturel, il doit aussi être un facilitateur, un catalyseur d’enthousiasmes et de projets.

Voilà, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, les membres de la Commission, dans quel esprit j’aborde la mission qui m’est confiée. Avec réalisme, avec modestie, mais en même temps en considérant que l’on peut agir, même si ce n’est pas toujours simple, pour que ce ministère soit plus fidèle aux idéaux qui ont présidé à sa création. La fierté de ce qui nous fait ce que nous sommes, et d’abord notre patrimoine, dans sa diversité. L’ambition de tenir toute notre place dans la création contemporaine, et d’ouvrir des voies. La volonté de partager notre culture avec le plus grand nombre.

Je vous remercie.

18 juillet : Présentation de « la Fuite en Egypte » de Nicolas Poussin au Musée du Louvre

11 juillet : Lancement du Festival des Francofolies de la Rochelle

Madame la Ministre, Présidente du Conseil régional, chère Ségolène Royal,
Madame la Vice Présidente du Conseil général, chère Dominique Morvant,
Monsieur le Maire de La Rochelle, cher Maxime Bono,
Monsieur le Directeur des Francofolies, cher Gérard Pont,
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

C’est un très grand plaisir pour moi d’ouvrir aujourd’hui à vos côtés ce Festival qui porte haut et loin les couleurs de la chanson française et francophone. Cela fait plus de 20 ans que La Rochelle célèbre, tous les étés, la belle et grande diversité de nos musiques, de la variété au rock, en passant par la soul, la folk, le jazz, la musique tsigane, le rap, et tous les genres dans lesquels nos artistes excellent.

Les Francofolies, c’est la rencontre des plus grands noms et des jeunes talents avec un public passionné, dans un cadre de rêve. C’est l’émotion de retrouver toutes celles et tous ceux qui nous font rêver, nous accompagnent, nous émeuvent, et aussi de découvrir les nouveaux visages de la chanson française.

Et à en juger par le programme de cette nouvelle édition, et notamment celui de cette soirée d’ouverture, les Francofolies vont, une fois encore, relever le gant. Ce soir, le charme et la simplicité envoûtante d’Ayo côtoieront le magicien des mots et des rythmes, Abd Al Malik. Sous l’œil bienveillant de leurs aînés, le grand Miossec, au verbe écorché et fiévreux, et le chantre urbain, Renaud, pour lequel j’ai une très grande admiration.

Je crois que c’est cela, la magie des Francofolies. Le croisement d’univers, de sensibilités, d’écritures, la folie de Philippe Katerine, la poésie sombre de Jean-Louis Murat, les envolées tsiganes de Bratsch, le nouveau rock de Mademoiselle K ou de Superbus, la « nouvelle chanson française » d’Ours et de Loïc Lantoine, les métissages de Nosfell, les couleurs de Yannick Noah, la féérie enfantine d’Olivia Ruiz, et je ne peux pas tous les citer ! Sur ces scènes, se frôlent les poètes des petits riens et des tranches de vie, les chanteurs engagés, les hérauts ou les pourfendeurs de l’amour, pour le plus grand bonheur d’un public aussi divers que ses idoles.

C’est une grande fierté pour la France, c’est un grand bonheur pour moi, en tant que Ministre de la culture, de voir ce vivier de talents, de voir aussi que la relève est assurée, et que cette relève porte de très belles promesses, pour l’avenir de notre musique.

Pour l’avenir de notre création également, et je me réjouis que les Francofolies lui réservent une large place cette année, avec de très belles exclusivités. La Grande Sophie, enfant du Festival, mêlera, le 14 juillet, ses mélodies et ses accords de guitare aux sons des Harmonies de Lille-Fives et de La Rochelle. Le matin-même, les enfants auront pu découvrir un spectacle concocté spécialement pour l’occasion par les Têtes Raides et leurs invités. Un vent d’innovation, d’originalité et de liberté souffle sur cette édition 2007, et je voudrais dire à tous les artistes qui en sont à l’origine mon admiration et ma sympathie.

Quelle chance pour la ville de La Rochelle d’accueillir, chaque année, cette Pléiade de talents, de battre, chaque été, aux rythmes de nos plus grands musiciens ! Evénement fédérateur, populaire, au sens le plus noble du terme, le Festival est un atout immense pour le rayonnement et la vitalité de cette cité chargée d’histoire, et de son territoire.

Les entreprises et les commerces de la région ne s’y sont pas trompés, puisqu’ils sont une centaine à avoir rejoint son Club de partenaires. C’est le signe d’une très belle réussite, quand un territoire entier s’approprie véritablement un événement culturel, quand il l’intègre et le soutient comme un élément même de son développement, de son dynamisme, de son identité. C’est une force, et les Francofolies en sont une magnifique illustration.

Je tiens à féliciter toute l’équipe du Festival. Vous perpétuez aujourd’hui avec beaucoup d’enthousiasme l’esprit d’éclectisme et de découverte qui présida à la création de ce grand rendez-vous par Jean-Louis Foulquier. Dénicheur de talents, amoureux des artistes et de ce moment unique et merveilleux de leur rencontre avec le public, il a voulu leur offrir la plus belle scène qui soit, dans sa ville d’origine. Il a voulu que le public le plus large puisse partager ces moments, sur place, comme à la radio et à la télévision. Je salue les partenariats fidèles et féconds qui lient le Festival à France Inter, tout d’abord, qui fera entendre sur ses ondes, en direct, les spectacles de ce soir ; à France 3 Limousin Poitou-Charentes, ensuite, pour une émission spéciale, le 14 juillet ; et à France 4, enfin, qui invitera les artistes à l’affiche dans la désormais célèbre caravane de Ray Cokes. C’est vraiment la mission de l’audiovisuel public que de donner à entendre et à voir de tels événements.

Mais les Francofolies, ce sont aussi, je tiens à le souligner, des actions exemplaires de sensibilisation du jeune public, tout au long de l’année. Je salue les efforts déployés par ses équipes pour transmettre la passion de la musique aux élèves des écoles primaires et des collèges, à travers l’opération « Les enfants de la Zique ». Vous le savez, l’éducation artistique et culturelle est une priorité du gouvernement, et je suis très heureuse que le ministère de la Culture et de la Communication, le ministère de l’Education Nationale, le SCEREN-CNDP et la SACEM s’associent pour soutenir cette initiative remarquable.

Je n’oublie pas, bien sûr, « le Chantier des Francos », véritable pépinière de talents, qui forme, conseille, et accompagne, tout au long de l’année, de jeunes artistes dans leurs premiers pas devant le public. Je ne doute pas que la scène des « Premières Francos », qui s’installe cette année à l’Encan, nous réservera de très belles surprises.

Maintenant, le temps est aux mots, aux rythmes, à la musique. Je vous souhaite, à tous, artistes et spectateurs, enfants et parents, fous de jazz, de rock, de rap ou de balades, de très belles Francofolies.

7 juillet : Inauguration des expositions Maison Jean Vilar - Avignon


Madame la Ministre, Maire d’Avignon, chère Marie-Josée Roig,
Monsieur le Président du Festival d’Avignon, cher Louis Schweitzer,
Monsieur le Président de la Bibliothèque Nationale de France, cher Bruno Racine,
Monsieur le Président de l’association Jean Vilar, cher Roland Monod,
Madame et Messieurs les Directeurs,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

C’est un très grand plaisir pour moi d’être parmi vous aujourd’hui pour inaugurer ces deux expositions, et célébrer les soixante ans du Festival d’Avignon. Vous en avez brillamment dépeint les origines, Madame la Maire, et le chemin parcouru depuis cette journée de décembre 1946, où Jean Vilar faillit refuser le défi un peu fou de son ami Christian Zervos, de monter un spectacle dans la Cour d’honneur du Palais des Papes. « Lieu informe », « lieu théâtral impossible », répondit-il, avant d’y voir finalement le lieu idéal pour accueillir son projet d’offrir la culture des élites à tous les publics.

Dans cette maison qui porte son nom, sont présentées aujourd’hui les figures amies de tous ceux qui ont contribué à faire de sa Semaine d’art dramatique le Festival au rayonnement international que nous connaissons. Soixante compagnons de route photographiés par les plus grands, depuis les fondateurs, Yvonne Zervos, René Char, et le docteur Pons, jusqu’à tous ceux qui font vivre Avignon aujourd’hui, régisseurs, costumières, agents d’accueil, chauffeurs de bus et de taxis. Sans oublier les peintres illustres, découverts par le couple Zervos, Picasso, Giacometti, Chagall, Braque, Mondrian, Miro, pour ne citer qu’eux.

C’est une exposition magnifique, très émouvante, qui témoigne de la très belle aventure artistique mais surtout humaine que fut, et que continue à être ce Festival.

Il ne manquait que les spectateurs. Frédéric Fisbach les fait entrer sur scène dans la seconde exposition, « Dedans-dehors ».

« Pour nous, organisateurs et artistes du Festival, disait Jean Vilar, le monstre sacré n’est pas la scène, il est de l’autre côté des lumières qui nous aveuglent, il est du côté du public », ce public si respecté, toujours placé par Vilar au centre de son projet.  Apprivoiser ce monstre sacré. Rencontrer les êtres par-delà les lumières éblouissantes, dans la situation singulière qu'ils vivent. Faire en sorte que spectateurs et acteurs respirent d'un même souffle et trouvent une complémentarité, jamais la même. Tel était le défi que releva Jean Vilar à Avignon et au TNP.

Telle est l’expérience que propose aujourd’hui Frédéric Fisbach dans le lieu qu’il dirige, le 104, et dans cette seconde exposition.

C’est un très bel hommage à ce « rêve éveillé » que poursuit le Festival depuis ses débuts. Et ce rêve, vous l’avez dit, nous le faisons tous, et nous le faisons encore. Chacun le nôtre.

Pour la littéraire que je suis, Avignon c’est soixante ans de passion des mots, de jouissance du verbe, de plaisir de la langue. De puissance de l’écriture dramatique, mais aussi poétique – et je suis très heureuse que Frédéric Fisbach donne à entendre cette année les Feuillets d’Hypnos de René Char. 237 fragments, qui mêlent amour, doute et engagement, 237 textes atemporels, qui interrogent et bousculent notre rapport au monde et aux autres. Oui, le créateur est un éclaireur, et l’écrivain, le poète, comme le dramaturge, en éclairant le monde, éclairent aussi les mots que nous utilisons pour le dire, pour le décrire, et pour agir en lui. J’assiste ce soir au spectacle d’un autre magicien des mots, Valère Novarina, dont j’admire la virtuosité et la liberté avec laquelle il réinvente la langue.

Si je devais donc, à mon tour, former un vœu pour le Festival d’Avignon, ce serait qu’il continue d’être ce lieu magique pour les mots, les mots classiques, de nos grands auteurs, les mots des avant-garde d’hier et d’aujourd’hui, les mots de toutes les langues, de toutes les cultures.

Je vous remercie.

7 juillet : Débat sur la politique culturelle de l’Europe


Monsieur le Commissaire européen chargé de l’éducation, de la formation, de la culture et de la jeunesse, cher Jan Figel,
Monsieur le Maire de Berlin, Ministre plénipotentiaire pour les relations culturelles franco-allemandes, cher Klaus Wowereit,
Madame la Ministre, Présidente de Relais Culture Europe, chère Catherine Lalumière,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Je suis très heureuse d’être présente parmi vous aujourd’hui pour cette rencontre placée sous le double signe de l’Europe, et de la culture. Je tiens à saluer tout particulièrement la présence de M. Jan Figel, et de M. Klaus Wowereit, qui montre toute l’importance que revêtent aujourd’hui les enjeux culturels au sein de l’Union Européenne. Je tiens également à remercier le Relais Culture Europe, et le Festival d’Avignon, d’avoir organisé ce débat.

Quel meilleur hôte, pour une telle rencontre, qu’un Festival qui célèbre, chaque année, toute la richesse et toute la diversité du spectacle vivant de notre continent et d’ailleurs ? Un Festival qui vit, de façon concrète, et depuis ses origines, cette mobilité des artistes que nous appelons de nos vœux ? Un Festival qui a d’ailleurs été reconnu cette année « organisme actif au niveau européen dans le domaine culturel » par la Commission européenne.

Je crois en effet que ce sont des événements comme celui-ci qui inspirent et justifient notre volonté de faire de la culture un élément central de la politique européenne. Parce qu’ils posent, comme une évidence, le fait que l’Europe est, spontanément, dans les faits, et avant tout, culturelle. Ce n'est pas nouveau. L’Europe de la Renaissance, l’Europe des Lumières : nos artistes, nos créateurs, nos hommes de lettres ont tissé au fil des siècles un réseau de l’esprit, de l’imagination et du cœur, qu’il nous appartient de faire vivre. Et parce que la culture est au cœur de l’identité européenne, elle doit être au cœur de la construction européenne.

Dans les faits, la culture comme champ d'application de l'Europe est une idée relativement récente, puisque c’est seulement avec le Traité de Maastricht que la dimension culturelle a commencé à être intégrée dans les politiques de l’Union européenne. Beaucoup d'actions ont été conduites depuis, qui constituent une base utile. Je prendrai pour exemple le programme « Culture 2000 », qui a permis de soutenir près de 200 projets par an de 2000 à 2006. Ce programme a été renouvelé l’année dernière, et augmenté de 70%, grâce notamment à l’enthousiasme et la force de conviction du commissaire Figel. Nous ne partons donc pas de rien. Mais nous devons poursuivre inlassablement nos efforts, aller encore plus loin, et réaffirmer notre volonté de placer la culture au centre du projet européen.

Sur ce long chemin, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité culturelle, adoptée dans le cadre de l’Unesco il y a deux ans, et entrée en vigueur le 18 mars dernier, a constitué une étape essentielle. Elle a permis de graver, dans le marbre du droit international, la spécificité des biens et des œuvres culturelles. Elle a permis également aux Etats européens de mener un important travail de réflexion sur leurs valeurs, sur ce que nous voulons défendre ensemble : la diversité de nos cultures, qui est la véritable richesse de notre continent.

Une autre étape importante a été franchie le 10 mai dernier, avec la communication de la Commission européenne relative à un agenda européen de la culture à l’ère de la mondialisation. C’est une feuille de route ambitieuse. Je me félicite qu’elle reconnaisse l’importance des enjeux culturels comme catalyseur d'activité, de croissance et d'emploi dans les autres domaines d’action de l’Union.

Elle établit également, je m’en réjouis, des principes généraux qui sont aussi ceux du gouvernement français, comme le développement de partenariats entre le secteur de la culture et d'autres secteurs comme le tourisme, la promotion de l’éducation artistique et culturelle ou encore l'encouragement à la circulation des oeuvres d'art et des autres formes d'expression artistique.

Il va sans dire que la France soutiendra les efforts de la Commission pour faire de la culture une véritable ambition pour l’Europe. Enfin, je veux saluer la proposition innovante de la Commission européenne de créer un « Forum culturel » qui devient un espace de dialogue et d'échange permettant de consulter les parties prenantes au niveau européen.

L'Europe de la culture est donc en marche, et c'est important parce que cela a du sens. Il s'agit de faire vivre la richesse de nos cultures, de favoriser leur expression, de les faire se rencontrer, dialoguer, au sein des frontières de l’Europe comme avec les autres cultures du monde. Il s'agit aussi de créer les cadres appropriés, notamment juridiques, qui permettent de préserver les systèmes nationaux, face au risque bien réel d’uniformisation que peut faire courir la mondialisation.

C’est bien dans ce sens que nous travaillons pour préparer la Présidence française qui interviendra au second semestre de l’année 2008. Et cette Présidence est placée sous les meilleurs auspices, dans le contexte de « l’Année européenne du dialogue interculturel ». Elle sera une occasion unique de faire progresser des dossiers majeurs comme la promotion du label « Patrimoine européen », les Etats généraux du multilinguisme, qui comportent bien des conséquences pour la vitalité de notre création, comme par exemple le sous-titrage ou encore la mobilité des artistes et des professionnels du spectacle vivant.

Vous pourrez compter sur la France pour relever ces défis, par des propositions concrètes, et audacieuses, et pour servir avec ardeur, et détermination, la cause de la culture en Europe.

Je vous remercie.

28 juin : Christine Albanel inaugure le Quai à Angers


Monsieur le Président du Conseil régional,
Monsieur le Président du Conseil général,
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Il est bien loin vraiment le temps où André Malraux affûtait ses armes pour combattre ce qu’il appelait le « désert culturel » de nos territoires. Aujourd’hui les territoires innovent, osent relever le défi de l’excellence artistique et de la création contemporaine. Ils ouvrent des voies nouvelles, et jouent un rôle moteur, pionnier, aux avant-postes de la politique culturelle. Oui, les choses bougent, en effet, comme vous l’avez dit, Monsieur le Maire.

Le Quai en est un symbole éclatant. Mobiliser, autour d’un projet commun, un établissement public de coopération culturelle, un centre dramatique national, et un centre national de danse contemporaine ; réunir en un même lieu tous les arts du spectacle, le théâtre, la danse, la musique, l’opéra et les arts de la rue ; offrir à ces disciplines des espaces de diffusion, de création, et de formation adaptés : tout cela signe vraiment une très grande et très belle ambition artistique.

Je me réjouis qu’elle soit portée par trois personnalités éminentes du monde des arts, Christopher Crimes, Frédéric Bélier-Garcia, et Emmanuelle Huynh. Je les salue chaleureusement, et je veux leur dire qu’ils ont toute ma confiance. Permettez-moi de saluer également Claude Yersin, ancien directeur du Nouveau Théâtre d’Angers, et personnalité emblématique de la décentralisation culturelle.

Ce sont trois projets de création et de diffusion qui vont coopérer entre ces murs, trois regards, trois visions qui vont dialoguer et s’enrichir mutuellement. Je fonde beaucoup d’espoirs sur cette rencontre inédite, parce que je suis convaincue qu’elle fera émerger de nouvelles propositions fécondes pour la création.

De nouvelles propositions, également, pour l’accueil et l’accompagnement des artistes extérieurs ou en résidence. Pour leur insertion dans le réseau national des lieux de diffusion. Vous l’avez dit, ici, les artistes ont le pouvoir. Au Quai arriveront de nombreuses compagnies et ensembles, et notamment Angers Nantes Opéra, qui y trouveront des conditions idéales pour créer, pour apprendre, et pour échanger. Angers est désormais une véritable plaque tournante de la création et de la formation chorégraphiques et dramatiques.

Le Quai est le laboratoire, le creuset d’un nouveau type de synergie entre les disciplines et entre les artistes, et je souhaite vraiment que ses responsables travaillent en ce sens. Je souhaite également qu’ils saisissent la chance que représente ce nouveau lieu attractif, moderne, ouvert, pour amener de nouveaux publics vers la culture. Cela a été dit, et c’est très important. Par la qualité de sa programmation, par les espaces qu’il offre, par la diversité des spectacles, dont il a fait son étendard, Le Quai est à même de séduire tous ceux qui ne poussent pas spontanément les portes d’un théâtre, tous ceux qui pensent – souvent à tort – que l’opéra est réservé à une élite, et la musique classique aux seuls initiés. Les amateurs de cirque ou de variété n’auront qu’un pas à franchir pour découvrir l’art lyrique. Et inversement.

C’est une chance formidable pour les spectateurs, pour tous les spectateurs. C’est un pied-de-nez insolent à la segmentation traditionnelle des publics, à l’inertie et à l’auto satisfaction. C’est un défi permanent à l’inventivité, à l’originalité, et à la créativité. Et je sais que Le Quai a tous les atouts pour le relever, parce qu’il est avant tout un lieu de vie, de sociabilité – le film l’a très bien montré – un lieu dynamique, ouvert sur la ville, ouvert à tous ses habitants, et tout particulièrement aux jeunes. C’est là, vous le savez, une dimension qui me tient particulièrement à cœur. L’éducation artistique et culturelle, l’éveil à l’art et à son histoire, le développement de la pratique artistique sont pour moi des priorités. Je souhaite que vous fassiez de ce lieu un véritable hymne à la curiosité et à la découverte, pour tous les jeunes Angevins.

Je tiens à saluer Monsieur le Maire d’Angers, Président de l’Etablissement public, Jean-Claude Antonini. C’est un extraordinaire pari que vous avez fait pour votre ville. Celui de séduire un large public sans faire de concession sur l’exigence de la programmation. Celui, également, d’ériger cet équipement singulier, si beau, juste en face du célèbre Château, jetant un pont entre les deux rives.

En tant que Ministre responsable de l’architecture, je voudrais insister sur ce point : le génie de l’architecte, pour moi, ce n’est pas un geste isolé, ni centré sur lui-même. C’est un nouveau trait apporté au visage d’une ville, qui en respecte la personnalité et l’histoire, tout en exprimant son évolution, ses ambitions, les désirs et les rêves de ses habitants. De tous ses habitants. Le choix de l’agence Architecture Studio, qui a signé le Parlement européen, l’Institut du Monde arabe, et offert à l’architecture française un rayonnement international, augurait bien de l’audace et de la modernité du projet. Je voudrais d’ailleurs saluer la présence de Martin Robain et, à mon tour, féliciter Laurent-Marc Fisher et son équipe pour ce coup de maître, qui réunit, en un seul lieu, en un seul geste, des espaces scéniques, des studios de danse, des salles de répétition, et des lieux de vie. Je veux saluer aussi la démarche d’accessibilité pour les personnes handicapées, et la haute qualité environnementale de ce projet, qui répond ainsi aux exigences de développement durable dont le gouvernement, vous le savez, fait sa priorité. Bravo pour ce Forum qui retrouve sa signification et sa vocation originelles, celle d’une place publique, cœur de la citoyenneté, où la parole est libre et où les idées fusent.

Je veux voir aussi dans ce lieu le symbole de la rencontre entre les objectifs que poursuivent l’Etat et les collectivités territoriales. Bien sûr, la culture est un véritable levier pour l’aménagement, le développement et l’attractivité des villes et des territoires. Mais, au-delà, ce qu’illustre à mes yeux un tel bâtiment, c’est une vision très audacieuse du rôle que doivent occuper la culture et la création dans la vie de tous nos concitoyens. Et cette vision, nous la partageons. Le Quai est né de la mobilisation de toutes les énergies, celles de la Ville d’Angers, en premier lieu, mais aussi du Département du Maine-et-Loire, de la Région des Pays de la Loire, de l’Etat, et de l’Europe. Je tiens à saluer le Président du Conseil régional, et le Président du Conseil général, dont je connais l’engagement pour la culture, et dont je me réjouis qu’il ait pu participer à cette aventure. Merci également à la Directrice régionale des affaires culturelles, Marion Julien, qui était à Versailles avant que j’arrive, et à son prédécesseur, Jean-Paul Jacob, qui ont porté ce projet depuis ses débuts. Le Quai pourra compter sur mes services pour accompagner son développement. L’Etat partenaire sera à vos côtés.

Je vous remercie.

26 juin : Réunion du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique


Mesdames, Messieurs,

J’aurais aimé pouvoir saluer chacun d’entre vous, pour vous remercier personnellement de votre présence et de votre implication dans les travaux du CSPLA. Heureusement d’autres occasions se présenteront, à brève échéance, de nous rencontrer en plus petit comité. C’est donc salut et un remerciement collectif, mais très sincère, que je vous adresse.

Aujourd’hui, le calendrier des séances du CSPLA me donne l’occasion d’ouvrir vos travaux, un mois après ma prise de fonctions. J’en suis particulièrement, pour trois raisons au moins.

La première de ces raisons est conjoncturelle. C’est aujourd’hui la réunion inaugurale du CSPLA dans sa nouvelle composition. Votre assemblée est plus ouverte encore qu’auparavant. Je me félicite que la place des consommateurs y soit accrue. Le nombre a plus que doublé en passant de deux à cinq membres. Je me félicite également que les représentants de l’économie numérique, comme les fournisseurs d’accès Internet, ou les créateurs de logiciels et de ressources libres, y soient davantage représentés. Cette diversité contribuera à la qualité mais aussi à la légitimité de vos travaux.

Je salue au passage la nouvelle vice-présidente du CSPLA, Mme Marie-Françoise Marais, conseiller à la Cour de cassation. Vous êtes une éminente spécialiste de la propriété intellectuelle, puisque vous avez présidé la 4ème chambre de la cour d’appel de Paris. En votre qualité de membre de l’Autorité de régulation des mesures techniques, vous êtes naturellement appelée à établir un lien fructueux entre le CSPLA et cette institution. Ce lien est très important, pour la cohérence de l’action des pouvoirs publics.

Je suis donc heureuse que le professeur Pierre Sirinelli, également membre des deux institutions, puisse contribuer lui aussi à entretenir ce lien, tout en faisant bénéficier l’ARMT comme le CSPLA de sa compétence scientifique, unanimement saluée, et de la renommée nationale et internationale qu’elle lui vaut à juste titre.

Je remercie aussi les autres « personnalités qualifiées » qui ont accepté de participer au nouveau CSPLA. Votre implication à la tête de ses commissions spécialisées est fondamentale. La grande qualité du rapport que vous examinerez tout à l’heure, relatif à La mise à disposition ouverte des œuvres de l’esprit, dirigé par les professeurs Joëlle Farchy et Valérie-Laure Benabou, le démontre.

Je remercie enfin Jean-Ludovic Silicani d’avoir accepté de continuer à mettre au service du CSPLA son énergie et sa virtuosité à en présider les débats.

La deuxième raison pour laquelle je suis particulièrement heureuse de cette rencontre tient à la fonction qui vous est confiée.

Vous êtes chargés de conseiller le ministre chargé de la culture en matière de propriété littéraire et artistique. Par la qualité de ses travaux, votre institution a acquis au fil des ans une légitimité incontestable. Vos avis et rapports sont utilisés au-delà du ministère, notamment par le Parlement. Je pense par exemple à votre tout premier avis, relatif au droit d’auteur des agents publics. Il est à l’origine d’un changement complet de l’état du droit en ce domaine.

Cette influence s’exerce également auprès des professionnels concernés, et des praticiens du droit que sont les avocats spécialisés et les magistrats. Il est donc assez naturel que le législateur, l’an passé, ait consacré l’existence de votre Conseil.

La troisième raison – et c’est la plus importante – tient à votre champ d’intervention : le droit d’auteur. C’est-à-dire le droit, pour les créateurs et les investisseurs, d’obtenir une juste rémunération.

Comme l’écrivait très récemment l’un de vos membres les plus éminents, le professeur Bénabou : « Le créateur, le producteur, l’entreprise finançant la recherche, doivent pouvoir se payer de leurs efforts ou de leur génie et non vivre de l’air du temps ou attendre que la manne tombe de la main d’un généreux mécène des temps modernes ».

J’espère, madame le professeur, être restée dans le cadre de « l’exception de courte citation ».

Le droit d'auteur, c’est donc le fondement sur lequel reposent les industries culturelles. C’est un mécanisme d’intéressement à la création. S’il a été consacré par la Révolution française, il demeure aujourd’hui d’une parfaite modernité.

Certes, la gratuité peut apparaître séduisante au premier abord. Elle semble favoriser la diffusion la plus large de la culture. Mais derrière la frustration de l’auteur du produit de son travail, c’est le tarissement de la création qui menace. L’exemple de l’édition dans le domaine des sciences humaines, touchée dans son existence même par le pillage, doit rester présent à l’esprit de chacun. Et puis, le droit d’auteur, c’est aussi le symbole de la valeur des choses.

Comme vous le savez le Président de la République s’est engagé, durant la campagne, à protéger efficacement ce droit. C’est une excellente nouvelle pour le monde de la culture, pour les auteurs, pour toute l’économie de la création, et pour la diversité culturelle.

Vous avez pu le constater, j’ai entamé dès ma prise de fonction un cycle de rencontres avec les organisations que vous représentez au sein du CSPLA. Je n’ai pas encore achevé un tour de table complet, mais je poursuivrai bien entendu ces rencontres. Parallèlement, plusieurs membres de mon cabinet ont eu avec vous des entretiens à la fois approfondis et concrets.

J’ai d’abord tenu à manifester par là que le respect du droit d’auteur constituera l’une des toutes premières priorités de mon action. J’ai également pu recueillir à cette occasion des éléments de proposition et de réflexion. Ils me permettront d’arrêter, très prochainement, des initiatives précises.

. En premier lieu, ces décisions concerneront la création d’une offre légale attractive, comme alternative aux téléchargements illégaux. Je souhaite proposer rapidement un dispositif complet. Il devra allier une prévention plus efficace à une répression ferme des comportements qui méconnaissent le plus gravement les droits des auteurs et des entreprises qui financent la création.

Bien entendu, l’Etat doit assumer toutes les responsabilités qui sont les siennes pour faire appliquer la loi. Cette politique sera conduite de façon résolue. Elle doit mobiliser les différents services compétents – notamment de police et de justice.

Mais le succès de l’offre légale dépend surtout d’un ensemble complexe de conditions sur lesquelles les acteurs de la création et le Gouvernement doivent agir de concert. La mise en place d’un environnement favorable à la diffusion légale des œuvres sera d’autant plus efficace qu’elle associera toutes les parties prenantes : créateurs, producteurs, fournisseurs d’accès, usagers d’Internet.

Je m’impliquerai fortement pour faciliter ce rapprochement des points de vue et pour le relayer, si la voie contractuelle n’était pas suffisante, par les modifications du droit qui pourraient s’avérer nécessaires.

. En second lieu, le ministère de la culture et de la communication présentera très rapidement les derniers textes d’application de la loi du 1er août 2006. Je ferai notamment en sorte que la mise en œuvre de l’exception prévue par le législateur au bénéfice des personnes handicapées se fasse rapidement, dans les meilleures conditions.

Plus généralement je veillerai à ce que tous les textes prévus par le législateur soient pris avant le 1er février 2008, date fixée par la loi elle-même pour établir un bilan de sa mise en œuvre.

Pour ce qui concerne la mise en place de l’Autorité de régulation des mesures techniques, que je mentionnai tout à l’heure, tous les textes nécessaires sont d’ores et déjà en vigueur. Je veillerai maintenant, tout personnellement, à ce que l’Autorité dispose des moyens matériels nécessaires à son fonctionnement, et à une montée en charge rapide. Elle doit être pleinement opérationnelle à la rentrée.

Vous le voyez, nous avons matière à travailler ensemble. Encore n’ais-je mentionné qu’une petite partie des sujets qui requièrent l’attention des pouvoirs publics. Les enjeux économiques et sociaux qui s’attachent au droit d’auteur sont cruciaux pour les industries culturelles et pour la diversité de la création. Nous partageons la conscience de ces enjeux et la volonté de dégager des solutions qui concilieront le respect du travail et l’impératif de diffusion la plus large des œuvres de l’esprit.

Notre travail en commun s’accomplira notamment au CSPLA mais aussi, de façon continue, dans d’autres cadres, formels ou informels, pourvu que l’efficacité soit au rendez-vous.

Je tiens donc à vous assurer que je serai, au cours des mois qui viennent, particulièrement attentive à vos avis, et que je compte sur votre collaboration et sur votre appui.

25 juin : Inauguration de la Galerie des glaces à Versailles


Monsieur le Président de l’Etablissement public du musée et du domaine de Versailles, cher Jean-Jacques Aillagon,
Monsieur le Président du conseil d’administration de Vinci, cher Yves-Thibault de Silguy,
Monsieur le Maire de Versailles,
Monsieur le Préfet des Yvelines,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Je suis très heureuse d’inaugurer aujourd’hui à vos côtés la Galerie des Glaces, enfin rendue à elle-même. C’est un très grand moment, pour Versailles, et pour notre patrimoine national.

Cette « royale beauté unique dans le monde », comme l’écrit la marquise de Sévigné, a été le témoin des plus riches heures de notre histoire. Louis XIV en fit l’écrin privilégié des rencontres officielles avec les Grands de ce monde. Il reçut ici-même le Doge de Gênes, l’ambassadeur du Roi de Siam, et, très peu de temps avant sa mort, les ambassadeurs de Perse. C’est ici, également, que fut célébré le mariage du Dauphin et de Marie-Antoinette, lors d’une cérémonie somptueuse qui honora bien plus les relations diplomatiques qu’amoureuses. En 1871, c’est l’Empire allemand qui triompha dans les murs-mêmes où il allait être défait, près de cinquante ans plus tard, avec la signature du Traité de Versailles. Grandeur et décadence : la vanité des Empires n’aurait pu trouver plus beau théâtre qu’une galerie de miroirs. Ce lieu continua par la suite d’accueillir les dîners avec les chefs d’Etat en visite officielle. Mais cela fait vingt-cinq ans, en réalité, qu’un tel dîner n’a pas été organisé.

C’est donc avec beaucoup d’émotion que je vous accueille aujourd’hui dans la Galerie des Glaces, pour célébrer un évènement qui n’est pas placé sous le signe de la diplomatie, mais qui est l’aboutissement d’une belle aventure, celle de la rencontre entre une grande entreprise, un lieu d’exception, et de multiples talents.

Nous célébrons en effet ce soir bien plus qu’un partenariat, aussi exemplaire et innovant soit-il. Bien plus qu’une opération de mécénat, même si elle est exceptionnelle par son ampleur. Nous célébrons une véritable aventure humaine, née autour de l’un des joyaux de Versailles.

Le groupe Vinci ne s’est pas en effet contenté de financer l’entière restauration de la Galerie des Glaces, il a également offert son expertise dans la conduite de projet, et la compétence de ses entreprises spécialisées dans le patrimoine. Il en a assuré la maîtrise d’ouvrage, dans le cadre d’une autorisation d’occupation temporaire. Il a aussi – et je crois que cela restera gravé dans toutes les mémoires – délégué une équipe de passionnés, qui ont vécu ce projet avec les équipes de Versailles, et sont devenus de vrais amis.

C’était la première fois en France qu’une telle mission était confiée à une entreprise privée. C’était également la première fois, en 2003, qu’une entreprise recevait la distinction aujourd’hui très convoitée de « Grand mécène du ministère de la culture et de la communication ». Je tiens à ce sujet à rendre hommage à Jean-Jacques Aillagon, qui a tant œuvré, en tant que ministre de la culture et de la communication, pour offrir au mécénat un nouvel élan en France.

Le groupe Vinci en a été un pionnier, un visionnaire, et je tiens à saluer chaleureusement le Président de son conseil d’administration, M. Yves-Thibault de Silguy, et tous ses dirigeants. Au-delà de la décision importante qui a été prise par l’ancien Président, ce sont tous les salariés de Vinci qui se sont approprié ce projet, pour en faire un véritable projet d’entreprise. Vinci a véritablement ouvert la voie d’une nouvelle forme de coopération, riche et féconde avec le milieu culturel, dont je vous invite maintenant à contempler le fruit.

Hymne à la toute puissance et à la gloire de Louis XIV, la Galerie des Glaces était aussi une démonstration éclatante de la virtuosité des artistes et des artisans français. Où que nos regards se tournent, nous pouvons lire tout le génie du Grand Siècle. Règne de l’illusion, avec ses atlantes, ses tentures, ses cieux, et ses perspectives en trompe-l’œil. Vertige des dix-sept arcades ornées des 357 miroirs, qui reflètent la lumière des jardins. Défi insolent que le Roi, et sa toute nouvelle Manufacture des Glaces, lancèrent aux miroitiers vénitiens, qui gardaient jalousement le secret de leur habileté.

La renaissance de la Galerie était un défi à la mesure de celui qui inspira sa création. Rendre, près de trois siècles et demi plus tard, à ce chef-d’œuvre son éclat et sa splendeur d’origine, retrouver, sous les usures du temps et les restaurations successives, ce chapitre de l’histoire de France, tel que Louis XIV souhaita l’écrire, tel que Jules Hardouin Mansart l’orchestra, et tel que Charles Le Brun l’immortalisa, nécessitait la mobilisation de toutes les compétences, de toutes les énergies et de tous les talents.

Des restaurateurs, des doreurs, des marbriers, des miroitiers, des artisans, des ouvriers ont travaillé ensemble pendant trois ans. Trois ans de passion et de patience, d’ardeur et de méticulosité. Trois ans de méthodes et de choix, validés par un comité de suivi, et un conseil scientifique international composé de spécialistes reconnus de l’architecture et de la peinture du XVIIème siècle.

La redécouverte de la palette de couleurs originelle de Le Brun, et plus particulièrement la première teinte des cieux, révélée par les premiers tests de nettoyage, a été l’un des temps forts de cette grande aventure. Cette nuance si particulière et si précieuse de bleu, obtenue à partir de pierre de lapis-lazuli broyée, illumine aujourd’hui toute la voûte. L’effet produit par l’éclaircissement progressif des toiles, du Nord vers le Sud, a également été restitué. Elément essentiel de la narration de Le Brun, il souligne le cheminement thématique du plafond, de la guerre à la paix.

C’est la lisibilité même de ce véritable manifeste artistique et politique, au rayonnement international, que nous retrouvons aujourd’hui. C’est sa genèse, également, et les hésitations du premier peintre du roi, ces « repentirs » dévoilés par les nettoyages. On dit que le chemin qui mène à la vérité est tout aussi important que la vérité elle-même. Je crois que c’est particulièrement vrai pour la restauration d’art. Je suis donc très heureuse qu’une exposition retrace, en juillet, les différentes étapes et les découvertes de ce chantier.

Cette très belle aventure, suivie et admirée bien au-delà de nos frontières, s’achève aujourd’hui. Je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui y ont participé, les dirigeants de Vinci, les responsables qu’ils ont désigné pour suivre ce projet, et toutes leurs équipes ; les conservateurs et les équipes de Versailles, avec à leur tête Monsieur le Directeur général ; Monsieur l’architecte en chef des Monuments historiques, et tous les scientifiques. Merci surtout à l’équipe fantastique de restaurateurs, conduite par Cinzia Pasquali, avec Véronique Sorano, Alain Roche, Maria-Gabriella De Monte, Lucien et Nicolas Mariotti, et Vincent Guerre. Il nous suffit de lever les yeux pour admirer leur virtuosité, qui avait déjà fait des merveilles à la Galerie d’Apollon du Louvre. Pour admirer, également, un travail que nous avons accompli ensemble, et je veux vous dire, à tous, ce soir, combien nous pouvons en être fiers.

Je vous remercie.

25 juin : Clôture de la journée de la création TV


Monsieur le Président de la commission des affaires culturelles, cher Jacques Valade,
Mesdames, Messieurs les Sénateurs,
Monsieur le Président de l’Association pour la Promotion de la Production Audiovisuelle, cher Jean-François Boyer,
Monsieur le Délégué général de l’APPA, cher Jacques Peskine,
Chers Amis,

Je suis très heureuse de clore cette Journée de travail organisée par l’Association pour la Promotion de la Production Audiovisuelle. Cette manifestation est accueillie au Sénat. J’y vois un symbole de l’attention et de la bienveillance que la Haute Assemblée porte à toutes les questions de culture et de création. Les échanges très amicaux que j’ai eus avec le Président Jacques Valade il y a quelques jours au Ministère en sont un autre témoignage, et je tiens à l'en remercier.

Ensemble, nous voulons agir, améliorer les conditions de la création et de la diffusion télévisuelles. Je crois que cela implique des réponses partagées à trois questions essentielles :

Sur ces trois questions, je voudrais brièvement vous dire ma sensibilité.

Quel paysage télévisuel pour les années à venir ?

La télévision hertzienne, dans sa dimension publique et privée, demeure le socle sur lequel beaucoup repose. Les contrats d’objectifs et de moyens signés par l’Etat avec France Télévisions et Arte pour la période 2007-2010 constituent aujourd’hui un cadre de discussion et d’action favorable pour que la création, sujet qui nous réunit aujourd’hui, prenne toute sa place. Je veillerai très attentivement à ce que tous les engagements en matière de de création audiovisuelle comme de diffusion, soient honorés. C’est d’ailleurs la volonté du chef de l’Etat.

La généralisation de la Télévision Numérique Terrestre, accessible, dès la fin juillet, à 70% de la population, représente une véritable chance pour la création. La loi sur la télévision du futur a aménagé un cadre juridique qui permettra à la création audiovisuelle de se déployer dans le nouvel horizon numérique.

Mais le paysage télévisuel est également marqué par l’apparition de toute une gamme de nouveaux services, et de nouveaux modes de diffusion. C’est un espace en expansion qui s’offre aujourd’hui aux créateurs. Mesurons-nous les changements que va induire la télévision mobile personnelle dans la réception des œuvres, mais aussi dans leur conception ? Ces changements seront sans doute profonds, et comme toujours dans ce secteur, très rapides. Nous devons les penser, les anticiper.

Quels sont les leviers d’action dont nous disposons, et sur lesquels nous pouvons jouer ?

Nous touchons là à la question toujours très sensible du financement de la création. La loi sur la télévision du futur, à cet égard, apporte de réelles avancées. En élargissant l’assiette du compte de soutien, elle implique les fournisseurs d’accès à Internet dans la promotion de la création. Cela va permettre de conforter les aides publiques à la création, d’assurer leur pérennité, ce qui est indispensable. Elle prévoit également la création d’un sous-ensemble d’œuvres patrimoniales, apportant - à mon sens - à la notion d’œuvre une vraie et nécessaire consolidation, au sein de l’obligation de production audiovisuelle des chaînes terrestres. 

J’évoquais tout à l’heure également les contrats d’objectifs et de moyens des chaînes du secteur public. Celles-ci peuvent jouer un rôle essentiel pour stimuler la création, renouveler les genres et les styles, prendre le risque de la nouveauté. Mais je suis consciente que cette mobilisation doit être accompagnée financièrement par l’Etat actionnaire. Une réflexion doit s’ouvrir. Pour l’heure, les contrats d’objectifs et de moyens prévoient une progression de 3% par an, en moyenne, de la dotation allouée à France Télévisions, jusqu’en 2010. Et pour l’année 2008, cette progression sera de 3,5%. Pour Arte France, la progression de ses moyens sera de 3,4%. Ces engagements de l’Etat sont d’autant plus importants qu’ils sont pour l’essentiel orientés vers le financement de la création.

S’agissant des engagements pris par les chaînes, il me semble particulièrement intéressant que les contrats mettent l’accent sur un soutien intervenant très en amont, dès le stade de l’écriture de l’œuvre. C’est ainsi que celui signé avec France Télévisions prévoit une augmentation significative de la part des dépenses consacrées par les chaînes du groupe à l’écriture et au développement. Quant au contrat signé avec Arte, il prévoit de doubler la part des dépenses de production consacrées aux conventions de développement.

Mais ces leviers, qui ont le mérite d’exister, et qu’il nous appartient de perfectionner encore- et je souhaite que cela se fasse dans la concertation la plus large possible- au service de quels objectifs culturels et artistiques souhaitons-nous les mettre ?

Je parle ici, devant vous, en tant que ministre responsable, mais aussi en tant que spectatrice, qui regarde et qui aime la télévision, qui est curieuse des programmes, qui y trouve beaucoup de plaisir, qui y apprend beaucoup de choses, et qui ne nourrit aucune nostalgie à l’égard d’un prétendu âge d’or révolu.

Que voyons-nous lorsque nous allumons notre télévision ? De très belles réussites : Greco, sur France 2, Tropiques amers, sur France 3, Reporters, sur Canal+, La dame d’Izieu sur TF1, Suspectes, sur M6. Bravo pour Maupassant, sur France 2, et pour Lady Chatterley sur Arte, qui a battu les records d’auience de la chaîne, mais, permettez-moi de vous le dire, ce sont aussi les œuvres contemporaines qu’il faut adapter. Parce que la télévision a un vrai rôle à jouer pour orienter le public dans le paysage de la littérature de notre temps. C’est évidemment un sujet qui me tient à cœur.

Ces réussites sont nombreuses, variées, et les chaînes les revendiquent à bon droit. Mais bien sûr, nous sommes tous d’accord, il ne doit pas y avoir, d’un côté, une vitrine rutilante, et de l’autre, des magasins dégarnis, ou remplis de sous-produits. Comment se garantir de ce risque qu’une poursuite effrénée de la seule rentabilité pourrait nous faire courir 

Il faut de l’inventivité, de l’innovation chez les créateurs. Il faut de la souplesse chez les diffuseurs. Il faut innover, ensemble, dans les contenus, dans les formats, dans les grilles. Il faut un vrai désir de diversité dans les genres et dans les thèmes.

Evidemment, l’Etat peut vous aider. Il doit le faire. L'amélioration des aides à l'écriture et au développement du CNC est une bonne chose. Je souhaite qu'on poursuive dans cette voie, en étant toujours à l’écoute de vos attentes. S’il veut encourager l’innovation, notre système d'aide doit savoir innover lui-même et se soumettre à l’évaluation afin d’en mesurer l’efficacité et d’envisager les évolutions à apporter.

Mais la concertation entre les professionnels, entre vous, créateurs, et vous, diffuseurs, est également indispensable. En particulier sur le sujet de la circulation des œuvres.

L’œuvre n’a pas vocation en effet à nourrir une case horaire unique et exclusive sur une chaîne de télévision déterminée, et encore moins à rester ensuite sur les étagères pendant de longs mois. Dans le nouvel ordre numérique, les œuvres seront de plus en plus amenées à voyager d’un média à l’autre, d’un mode d’exploitation à l’autre (comme la vidéo à la demande). Cela se fera de façon volontaire, et maîtrisée, si nous parvenons à fluidifier leur circulation, ou bien de façon anarchique, si nous laissons le piratage se développer. Il est donc urgent de reprendre cette réflexion visant à optimiser la circulation des oeuvres. Cela implique également d’imaginer une meilleure association des partenaires concernés aux recettes d’exploitation suscitées par cette nouvelle fluidité. Le gouvernement ne peut qu’encourager le CSA à poursuivre ses travaux en la matière.

Je veux vous dire que l’Etat est évidemment toujours disponible pour vous aider dans cette concertation. Je veux vous exhorter à travailler ensemble, à dépasser les postures d’opposition. Il n’y a pas, d’un côté, les créateurs, et de l’autre les diffuseurs, comme un camp contre l’autre. Je sais que nous avons des ennemis communs : l’uniformité, l’autosatisfaction, la routine, la médiocrité. Je veux que nous ayons un enjeu commun : l’exigence.

Vous pourrez compter sur moi pour servir de toutes mes forces cette belle ambition collective.

Je vous remercie.

14 juin : Conférence de presse - Fête de la musique 2007


  

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Je suis très heureuse, au moment où je prends mes fonctions, de vous rencontrer et de vous retrouver, vous les acteurs et les partenaires de l’édition 2007 de la Fête de la musique, nous allons ensemble en présenter le programme. La France est un pays qui aime la musique. 5 millions de nos concitoyens pratiquent la musique pour leur plaisir. Nos 3000 écoles de musique accueillent 800 000 élèves.

La Fête de la musique est une vraie fête populaire. Près d’un million de Françaises et de Français y chantent ou y jouent d’un instrument. Plus de dix millions assistent à des concerts organisés ou improvisés. Toutes les musiques, partout, et pour tout le monde, c’est ce qui fait le succès de ce grand rendez-vous, lancé il y a plus de 25 ans. Depuis sa création, la Fête de la musique, c’est la liberté, le foisonnement, la spontanéité, la rencontre entre les pratiques amateurs et les artistes confirmés, la rencontre de tous les artistes, de tous les publics, dans tous les lieux.

Cette année, la Fête de la Musique a choisi de célébrer la jeunesse. Pourquoi la jeunesse ? Parce que la jeunesse, c’est la vitalité, le renouvellement des styles et des courants musicaux. Et cette jeunesse, il faut lui donner le goût de la découverte.

Mais pour moi, la jeunesse, au-delà de l’âge, c’est la faculté toujours neuve d’apprendre et de créer.

Apprendre, tout d’abord. Vous le savez, le Président de la République vient de consacrer un déplacement, mardi, à l’éducation artistique et culturelle. Vous savez que le décret d’attribution de mon collègue Xavier Darcos et le mien nous confient une mission conjointe, prioritaire, sur l’éducation artistique et culturelle. Il est incontestable que beaucoup de choses sont déjà faites dans ce domaine, et c’est cela-même qui crée une attente plus forte encore. Quel est l’enjeu pour nous ? Passer très vite à la généralisation de l’éducation artistique et culturelle, en faire un droit pour tous, non pas sur le mode du ponctuel, mais sur celui d’un parcours construit au long de la formation. Quels sont les objectifs ? Ils sont au nombre de trois : pour tous, l’apprentissage d’une pratique artistique, le contact avec les œuvres et les artistes, une initiation consistante à l’histoire de l’art. Pour y parvenir, nous allons resserrer notre partenariat avec l’Education Nationale, et notre partenariat avec les collectivités locales. Elles gèrent en effet de très nombreux équipements culturels, dont les établissements d’enseignements spécialisés, au premier rang desquels les conservatoires de musique, acteurs éminents de cette fête.

Bien entendu, la musique et le chant seront au cœur de ce nouvel élan, pour lequel, avec Xavier Darcos, nous ferons des propositions concrètes, et j'y insiste, nous les ferons vite.

Créer, ensuite. La musique est sans doute aujourd’hui l’un des arts les plus créatifs, les plus universels, les plus partagés. La musique est foisonnement spontané, elle émerge de toutes parts, des conservatoire comme des banlieues. Elle s’empare des nouvelles technologies pour inventer de nouveaux rythmes, de nouveaux langages. Elle est une force inépuisable de réinvention, de renouvellement, de réappropriation de notre patrimoine musical, qu’il soit savant, académique, ou populaire. C’est peut-être le genre, par excellence, où la tradition ne cesse de nourrir la création, où les artistes ne cessent de redécouvrir, de croiser l’ancien et le nouveau, de faire surgir de nouveaux métissages.

Mais tout ce foisonnement créatif repose aussi, il faut en être conscient, sur une économie organisée. Les artistes et les maisons qui les produisent veulent pouvoir vivre de leur travail. Le public veut avoir accès librement à toutes les œuvres. Ce gouvernement est bien décidé à concilier ces deux exigences légitimes, à l’heure où les nouvelles technologies de la communication bouleversent la donne. Cela veut dire deux choses, comme le Président de la République le rappelait le 4 avril :

Je voudrais vous dire que le gouvernement présentera sa stratégie, son calendrier, sa méthode, en se conformant à ces deux priorités, indissociables à ses yeux, et qu’il fera avancer ensemble. Nous travaillerons dans la sérénité, en écoutant, et en associant toutes les parties concernées.

Je tenais à évoquer ces différents sujets aujourd’hui, parce que je suis convaincue que d’eux dépend l’avenir de notre création et de notre vie musicale et culturelle. Mais je ne veux pas quitter le terrain de la fête, celle de la musique, qui nous réunit aujourd’hui. Je vous invite évidemment à consulter le dossier de presse, qui vous donne de nombreuses informations sur les concerts du 21 juin. Vous trouverez le programme complet sur le site fetedelamusique.culture.fr.

Je voudrais cependant insister sur quelques points. La Fête de la musique essaime aujourd’hui sur les cinq continents. Cette année, ce sont près de 400 villes – dont, pour la première fois, New-York et Amsterdam – et plus de 130 pays qui se joignent à la Fête. Et plus de cent artistes, dont Emilie Simon, Raphaël, Juliette Greco ou encore Gotan Project, se feront les ambassadeurs du talent français sur les scènes improvisées du monde entier.

Je tiens aussi à saluer la participation des Centres culturels étrangers de Paris, qui nous feront découvrir la musique et les interprètes de leurs pays. Le Centre culturel d’Egypte accueillera ainsi le Quatuor de l’Opéra du Caire, le Centre culturel roumain des virtuoses du jazz manouche, tandis que la nouvelle génération du raï défendra ses couleurs à l’Institut du Monde Arabe. C’est aussi, et surtout cela, pour moi, la Fête de la Musique : la fête de la curiosité, de la découverte, de la diversité et du partage. 

Les « orchestres à l'école » (association qui regroupe environ 150 orchestres en France) se livreront dès le matin à une invasion pacifique et harmonieuse de la Rue de Rome, la rue des luthiers et des facteurs d'instruments, complices naturels de la pratique.

Place des Vosges, deux chœurs de 600 écoliers parisiens chanteront sous la direction de leurs professeurs.

Les Jeunesses Musicales de France et qui comptent parmi les relais majeurs de la politique d'éducation musicale, se déploieront sur le territoire à travers leurs antennes régionales. Elles offriront des conditions exceptionnelles de rencontre avec le public aux lauréats du tremplin « Musicado », - groupes rocks à Aurillac, Béziers, Annecy, percussions africaines à Reims, reggae à Bruyères.

Les scènes de musiques actuelles s'ouvriront largement à des groupes de scolaires ou à de jeunes amateurs encadrés par des professionnels, que ce soit le « Pannonica » à Nantes, « L'autre canal » à Nancy, le « Rocksane » à Bergerac ou « La citrouille » à Saint-Brieuc.

Je célébrerai moi aussi la jeunesse, le 21 juin, en allant Rue de Rome, pour voir Les Orchestres à l’école, mais aussi avec les propositions faites au Palais-Royal et notamment le concert à 17h, « Cantate pour un cœur bleu », interprétée par Enzo Enzo avec un chœur de collégiens marocains de Fès et des collégiens de Savoie et des instrumentistes du conservatoire national de Chambéry .

Je vous invite tous à les applaudir, en prélude à une soirée dédiée à la jeunesse et à l’enfance, sur le thème du « Palais Royal enchantant ». Vous pourrez ensuite entendre Ours, et Da Silva, deux jeunes et talentueux représentants de la nouvelle chanson française, avant de participer à un grand bal, ouvert par le groupe Les Bombes 2 Bal, et leurs invités.

Le 21 juin, la musique sera partout dans le monde, et partout en France, sur les places publiques, mais aussi, notamment, dans les hôpitaux et dans les prisons, avec de belles initiatives que je souhaite voir se développer.

Je tiens enfin à remercier tous les partenaires dont l’engagement sans faille contribue largement au succès de la Fête de la musique : le ministère des Affaires étrangères et européennes, CulturesFrance, mais aussi Radio France, et en particulier France Musique, Le Mouv, et FIP.

Merci également à l’ensemble des chaînes de France Télévisions, et cette année, pour la première fois, TV5 Monde. Merci à l’hebdomadaire gratuit A Nous, qui diffuse le programme dans toute la France, et à Francophonie Diffusion et Mondo Mix.

Merci enfin à la Sacem, partenaire historique, ainsi qu’à Hervé Bordier, le coordinateur général de la Fête, Sylvie Canal, Jean-François Millier, et toute l’équipe de l’Association pour le Développement de la Création, Etudes et Projets. L’ampleur, la spontanéité, et le bouillonnement qui font tout le succès de la fête sont un défi permanent à leurs dons d’organisateurs, et ils le relèvent chaque année avec beaucoup de talent !

Je vous souhaite, à tous, une très bonne Fête de la musique.

Je vous remercie.

photos : © Didier plowy / MCC

4 juin : Remise officielle d’un exceptionnel papyrus médical égyptien datant du Nouvel Empire grâce au mécénat du Groupe Ipsen au musée du Louvre


  

Monsieur le Président directeur Général d’Ipsen, cher Jean-Luc Bélingard,
Madame la Directrice des musées de France, chère Francine Mariani-Ducray,
Monsieur le Président-directeur du musée du Louvre, cher Henri Loyrette,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,

C’est un événement particulièrement fort qui nous réunit ce soir : l’entrée dans les collections nationales, grâce au mécénat du groupe Ipsen, d’un papyrus médical égyptien considéré comme l’un des plus exceptionnels au monde.
Ce document, l’un des plus anciens manuels de médecine de l’histoire de l’humanité, est remarquable à tout point de vue. Par ses dimensions, mais aussi par l’abondance et la richesse des textes qui figurent sur les deux faces de ce rouleau, et dont l’étude scientifique permettra certainement de faire progresser l’histoire de la médecine et de la pharmacie, en éclairant ses toute premières sources.
Ce rouleau de huit feuilles, acquis par un Français il y a plus de cinquante ans, classé trésor national en juin dernier, va à présent trouver toute sa place au Louvre, parmi les grands chefs d’œuvre que le musée, Cher Henri Loyrette, conserve pour la nation, et pour l’humanité entière, conformément à l’idée universaliste, ouverte, et généreuse de la culture que défend et promeut notre pays.
C’est pour moi l’occasion de saluer le travail admirable qu’accomplissent nos conservateurs, de souligner l’importance des missions que leur confient l’Etat et toute notre société. Je veux dire mon estime à ce corps, ainsi, naturellement qu’à l’ensemble des équipes du Louvre.
Ce Louvre où je suis très heureuse de me trouver aujourd’hui. C’est pour moi une émotion, une joie et une grande fierté que ma première visite au Louvre en tant que ministre de la Culture et de la Communication coïncide avec cet événement singulier.
Je tiens à exprimer ici toute ma reconnaissance au Groupe IPSEN et à son Président pour cet acte de mécénat. Cher Jean-Luc Bélingard, je rends hommage à votre générosité et, au-delà, à votre action particulièrement exemplaire en faveur du patrimoine national. C’est une belle idée, pour un grand groupe médico-pharmaceutique, de vous intéresser ainsi à l’un des témoignages les plus anciens de la médecine. C’est un peu de votre propre mémoire qui, grâce à vous, entre au Louvre, avec qui vous tissez un lien fort et durable.
Car le mécénat, c’est d’abord et surtout un partenariat, une fédération de différentes énergies, qui se nourrissent et se renforcent mutuellement, et souvent une rencontre de passions. C’est un mariage heureux entre l’action privée et l’action publique, à travers un soutien qui renforce la légitimité de l’action publique, en lieux et places d’oppositions artificielles, qui n’ont pas lieu d’être.De ce point de vue, les lois de 2003 nous ont fait changer d’époque. Un chiffre : les dispositifs fiscaux prévus par ces lois ont permis de mobiliser, en faveur de l’acquisition par l’Etat de trésors nationaux ou de biens culturels majeurs, plus de 66 millions d’euros. Le nombre d’entreprises pratiquant le mécénat a plus que triplé. Au-delà des avantages fiscaux, s’est créé un climat favorable à un engagement croissant de la société civile en faveur des causes d'intérêt général, et à un rapprochement des acteurs économiques et des responsables culturels.Je crois venu le moment d’évaluer de manière globable et précise la mise en œuvre de ces lois, avec les acteurs de la vie culturelle et ceux du mécénat, afin de proposer les évolutions qui leur permettront d’être plus efficaces encore. Cette perspective s’inscrit dans les orientations définies par le Président de la République au cours de la campagne. Ce peut être affaire de simple réglage, comme lorsque récemment les conditions d’exposition des œuvres acquises par les entreprises ont été assouplies. Ce peut être aussi une réflexion plus poussée sur l’évolution des besoins, notamment ceux de la création, et les conditions à assurer pour les satisfaire
Mais la loi n’est pas en elle-même suffisante. Il faut qu’elle rencontre le dynamisme des hommes et des institutions, leur esprit d’initiative, leur désir de se développer, de rayonner. C’est, je le sais, le cas du Louvre, comme c’est en général celui des institutions du ministère. Elles savent que j’accompagnerai et soutiendrai leurs efforts. Ici, au Louvre, je tiens à saluer le partenariat fort avec Atlanta, le projet exemplaire et essentiel de Lens, et celui du département des arts de l’Islam. Quant au projet du « Louvre Abou Dabi », si prometteur, nous avons le devoir de le réussir, car il engage notre pays, à travers un accord international, et parce qu’il ouvre des voies nouvelles. Je veillerai donc à ce que l’agence créée à l’occasion de cet accord s’y consacre pleinement, sous l’égide du Louvre et de toutes les institutions qui s’y sont associées.

Cher Jean-Luc Bélingard, encore un grand merci. Grâce à votre aide, grâce à celle du groupe IPSEN, le Louvre va pouvoir proposer un insigne chef d’œuvre de plus à ses quelque huit millions de visiteurs annuels.

Avec eux tous, je veux vous dire ma très grande gratitude.

Je vous remercie.

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