SDAP du Haut-Rhin

Les sites :

- L'inscription
- Le classement
- Les secteurs sauvegardés
- La ZPPAUP
- Les abords de monuments historiques

Les monuments :

- L'inscription
- Le classement


Les sites inscrits

La loi de 1930 sur les sites permet une meilleure protection dans les espaces, les pays et les terroirs marqués par l'empreinte humaine. Il s'agit du cadre paysager des monuments et la loi sur la protection des abords ne serait pas suffisamment adaptée.
L'ABF a pour mission de veiller sur ces espaces inscrits au titre des sites. Cette surveillance s'attache surtout aux traces que l'homme pourrait laisser dans le paysage.
Il donne son avis sur les travaux nécessaires et participe au montage des dossiers d'inscription ou par la suite de classement.
Il doit être consulté pour tout projet de modification. Les demandes d'autorisation de démolition sont soumises à avis conforme.
Les modifications ou constructions ne font l'objet que d'un avis simple, mais l'ABF peut suggérer au ministre de recourir à des mesures d'urgence ou de lancer des procédures de classement s'il estime qu'une intervention menace la cohérence du site.

Les sites classés

Les sites classés sont en principe inconstructibles sauf exception. Les déclarations de travaux relèvent du préfet, sur avis de l'ABF et les permis de construire ou de démolir relèvent du ministre chargé de l'écologie et du développement durable, après examen par la commission départementale des sites (CDS), l'ABF est le rapporteur des dossiers soumis à la commission présidée par le préfet.
On peut autoriser des aménagements s'ils s'intègrent harmonieusement au site. Les dossiers, instruits par les Directions Régionales de l'Environnement (DIREN), sont soumis à l'avis de l'ABF et présentés devant la commission départementale des sites (CDS).

Les secteurs sauvegardés et le plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV)

Ils sont issus de la " loi Malraux " du 4 août 1962.
Cette loi visait à protéger les centres urbains historiques, souvent détruits par la politique de rénovation des centres villes.
On désirait reconstruire à neuf le tissu urbain sans prendre en compte l'identité architecturale et patrimoniale de la ville.
Il s'agit ici de conserver un cadre urbain et une architecture ancienne tout en permettant une intégration et une évolution harmonieuse des besoins urbains actuels.
C'est une démarche d'urbanisme qualitatif qui veut inscrire tous les actes d'aménagement, de transformation ou de construction dans le respect de ce qui existe déjà.
Il faut prendre en compte le patrimoine ancien et recomposer les abords en fonction, pour ne pas le dénaturer, sans pour autant sacrifier les éléments d'aménagement urbain exigés par la ville contemporaine.
C'est pour cela que ces secteurs sont à la fois placés à la fois sous la conduite du ministre de la Culture et du ministre de l'Equipement. Il dépend juridiquement de l'Etat.

Une procédure de mise en place longue et complexe :
Après avis de la Commission nationale des secteurs sauvegardés, la création et la délimitation du secteur font l'objet d'un arrêté ministériel pris par les deux ministères concernés.
Le conseil municipal de la ville concernée peut émettre ou demander un avis lors de cette création et de cette délimitation.
Le préfet constitue en accord avec la commune une " commission locale du secteur sauvegardé " qui est chargée de suivre toute la procédure. Au terme de l'étude le plan de sauvegarde et de mise en valeur est rendu public après délibération du conseil municipal.
Une enquête publique est alors déclenchée et ses résultats sont examinés par la commission locale du secteur sauvegardé qui propose si besoin des modifications.
Enfin un projet d'approbation est soumis au conseil municipal, puis à la commission nationale des secteurs sauvegardés et au Conseil d'Etat. Le Premier Ministre clôt la procédure en l'approuvant par un décret.

Les effets du secteur sauvegardé :
L'ABF est le personnage central du secteur sauvegardé. Celui-ci veille à la cohérence des dispositions inscrites au plan de sauvegarde et contrôle le respect de ces dispositions.
Il délivre des avis conformes dans un délai d'un mois environ. Cet avis concerne toutes les autorisations d'urbanisme. Ces demandes d'autorisation lui sont transmises par la mairie ou déposées directement lorsqu'il s'agit d'une demande d'autorisation spéciale.

Les ZPPAUP

Un nouveau dispositif de protection est venu s'ajouter à la loi sur les secteurs sauvegardés, avec la loi de décentralisation des compétences dans le domaine de l'urbanisme du 7 janvier 1983. La politique d'urbanisme local a été décentralisée au profit des communes, mais en ce qui concerne les politiques ayant un enjeu national, comme le patrimoine, l'Etat a réaffirmé son rôle.
Cette loi a créée notamment les zones de protection du patrimoine urbain architectural et paysager, les ZPPAUP
Le but est ici de proposer des périmètres mieux adaptés au terrain que le rayon de 500 mètres et des outils de protection plus souples.
Elle permet de saisir dans leur diversité les éléments du patrimoine collectif local : une suite de façades homogènes, la trame d'un paysage, un ensemble à caractère monumental...
Le principal critère pour constituer une ZPPAUP est que le lieu doit être doté d'une identité patrimoniale forte. Elle concerne des centres anciens, des quartiers de la reconstruction ou des espaces ruraux et permettent de préserver et mettre en valeur les caractéristiques patrimoniales des lieux.
La création d'une ZPPAUP donne lieu à un document concerté entre l'Etat, responsable en matière de patrimoine, et la commune, responsable de l'urbanisme sur son territoire. Les prescriptions de la ZPPAUP s'imposent au plan local d'urbanisme (PLU).
L'étude de la ZPPAUP est réalisée par un ou plusieurs chargés d'études et conduite, sous l'autorité du maire, par l'ABF.
Différentes zones sont définies (géographie, données patrimoniales) à l'intérieur de la ZPPAUP. A chacune correspondent des règles induites par ses caractéristiques. Ces prescriptions comportent des obligations (pour les matériaux), des interdictions de démolition ou de modification de l'aspect de certains éléments bâtis ou végétaux.
Le SDAP vérifie la conformité de chaque projet avec les dispositions de la ZPPAUP. Toute modification d'aspect doit recevoir son accord.

Les abords de monuments historiques

Le rayon de protection légal autour d'un monument historique est de 500 mètres. Cette protection naît automatiquement dès lors que l'édifice est classé ou inscrit. Dans tout ce rayon toutes les modifications de l'aspect extérieur des immeubles (façades, couvertures) ou les travaux qui modifient les lieux extérieurs (piscines, murs, extension d'un bâtiment) nécessitent l'approbation de l'ABF.
Le périmètre est soumis à une enquête publique conjointement avec le plan local d'urbanisme et est annexé au plan local d'urbanisme
Les monuments proches les uns des autres voient leur zone de protection se combiner.

Pourquoi ce périmètre ?
L'impression que donne un monument est aussi conditionnée par ce que dégagent ses abords. Pour cette raison l'Etat émet un avis conforme sur les projets de travaux situés dans le champ de visibilité du monument.
L'objectif est de protéger la relation entre un édifice et son environnement. Il faut donc veiller à la qualité des interventions (façades, toitures, matériaux), au soin du traitement des sols, au mobilier urbain, à l'éclairage
La notion de "co-visibilité" avec le monument est primordiale. L'ABF doit déterminer si l'emplacement du projet et le monument sont, soit visibles l'un depuis l'autre, soit visibles ensemble d'un point quelconque.


Edifice inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques

Selon la loi du 31 décembre 1913, pourront être inscrits, "les immeubles ou parties d'immeubles publics ou privés qui, sans justifier une demande de classement immédiat, présentent un intérêt d'histoire ou d'art suffisant pour en rendre désirable la préservation ".
Pour inscrire un immeuble à l'ISMH il faut prendre contact avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) qui constituera le dossier à présenter à la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites.
Chaque dossier comprend l'avis de l'architecte en chef des monuments historiques, de l'architecte des bâtiments de France (ABF) et de l'inspecteur des monuments historiques.
La Commission Régionale du Patrimoine et des Sites examine le dossier et émet un avis au préfet de région qui peut alors décider l'inscription de l'immeuble à l'ISMH.
Un immeuble inscrit ne peut être cédé (donné, vendu, légué) sans que le ministre en soit informé (décret du 18 mars 1924).

La procédure pour entreprendre des travaux
L'inscription entraîne pour le propriétaire l'obligation de ne procéder à aucune modification de l'immeuble sans en avoir informé le préfet de Région (par la DRAC) par l'intermédiaire du service départemental de l'architecture et du patrimoine (SDAP).
Le SDAP n'a ici qu'un pouvoir consultatif, la décision finale est prise par la DRAC.

Si l'on veut démolir un immeuble inscrit sur l'ISMH il faut adresser un exemplaire de la demande de " permis de démolir " par pli recommandé avec demande d'avis de réception postale à la DRAC. Suite à cet envoi on ne peut procéder à quelque modification que ce soit sur l'immeuble durant 4 mois. Le permis de démolir est délivré par le ministre de la culture (articles R 430-5 et L 430-8 du code de l'urbanisme). Le ministre peut éventuellement prendre une décision d'instance de classement.

La maîtrise d'oeuvre
Les travaux autorisés sont réalisés par le propriétaire (maître d'ouvrage) avec le concours le l'architecte (maître d'oeuvre) de son choix. Lorsque les travaux sont subventionnés par l'Etat, il sont exécutés sous le contrôle du service des monuments historiques.

Edifice classé monument historique

Le début de la procédure de classement reste le même que pour l'inscription à l'ISMH, mais suite à cette inscription, le préfet de Région peut proposer le classement de l'immeuble au ministre chargé de la Culture.
Le classement est en effet une protection majeure décidée par arrêté ministériel sur avis de la Commission Supérieure des Monuments Historiques qui peut également estimer suffisante l'inscription à l'ISMH (loi du 31 décembre 1913).
Le classement nécessite l'autorisation écrite du propriétaire.
Un immeuble inscrit ne peut être cédé (donné, vendu, légué) sans que le ministre en soit informé. On ne peut lui appliquer de servitudes légales comme les servitudes d'urbanisme concernant l'alignement pouvant lui causer des dégradation.
Il ne peut être exproprié sans que le ministre ait été consulté.

La décision d'inscription, au contraire du classement, peut être prise sans le consentement du propriétaire.
Le refus d'un classement peut contraindre le ministre chargé de la Culture à engager une procédure de "classement d'office".
Ce " classement d'office " est prononcé par décret du Premier Ministre après avis du Conseil d'Etat.

La procédure pour entreprendre des travaux
" L'immeuble classé ne peut être détruit ou déplacé, même en partie, ni être l'objet d'un travail de restauration, de réparation ou de modification quelconque, si l'autorité compétente n'y a donné son consentement. L'autorité compétente est le préfet de région, à moins que le ministre chargé de la Culture n'ait décidé d'évoquer le dossier (loi du 31 décembre 1913).
Les travaux sont autorisés ou non par le Conservateur des monuments historiques de la DRAC.
Aucune construction neuve ne peut être adossée à un immeuble classé sans une autorisation spéciale du ministre chargé de la culture.

La maîtrise d'oeuvre
La loi de 1913 prescrit que les travaux doivent être exécutés sous la surveillance de l'administration culturelle. Quand l'Etat participe financièrement aux travaux au titre des monuments historiques :
- s'il s'agit de travaux d'entretien et de réparation, la maîtrise d'œuvre est confiée à l'ABF.
- s'il s'agit d'autres travaux, elle est confiée à un architecte en chef des monuments historiques qui est choisi par le propriétaire.